Les flottes automobiles de la Police et de la Gendarmerie en péril face à l’inflation et au malus écologique
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Le renouvellement des flottes automobiles de la Police nationale et de la Gendarmerie est en pleine crise. Entre l’explosion des coûts et le poids du malus écologique, ces deux institutions peinent à maintenir des équipements adaptés à leurs missions, compromettant l’efficacité de leurs interventions.
Les chiffres récents et les témoignages des responsables révèlent une situation préoccupante.
Une chute drastique des renouvellements
Le renouvellement des véhicules, essentiel au bon fonctionnement des forces de l’ordre, connaît une baisse alarmante. Selon la commission de la Défense nationale et des Forces armées, la Gendarmerie nationale, qui renouvelait en moyenne 3 500 véhicules par an jusqu’en 2022, n’en a commandé que 325 en 2023 et 185 en 2024. Une situation que le général André Petillot, major général de la Gendarmerie nationale (MGGN), qualifie d’ »extrêmement préoccupante ».
Le coût des véhicules en forte hausse
Cette situation s’explique en grande partie par une flambée des prix. « Un véhicule qui coûtait 23 000 euros en 2020 atteindra 45 000 euros en 2025 », déplore le général Petillot. À cette augmentation des coûts s’ajoute le malus écologique, qui peut alourdir le prix d’un véhicule de manière significative. Par exemple, les 4×4 nécessaires aux interventions en Guyane subissent des taxes atteignant parfois 100 000 euros. Ces charges freinent considérablement le renouvellement des flottes.
Une exonération pour le malus écologique demandée
Les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) bénéficient depuis janvier 2023 d’une exonération du malus écologique pour leurs véhicules. Une mesure que la Gendarmerie nationale appelle à étendre à ses véhicules spécifiques, indispensables pour certaines missions. « Cela permettrait d’acquérir davantage de véhicules avec le même budget », plaide le général Petillot.
La Police nationale également touchée
La Police nationale n’est pas épargnée par cette crise. Les prix des véhicules, notamment ceux des modèles utilisés couramment, ont fortement augmenté. À titre d’exemple, le Peugeot 5008, grand SUV commandé en 1 263 exemplaires en 2020, a vu son prix bondir de 55 % depuis cette date. Une situation qui réduit drastiquement la capacité de renouvellement des flottes.
Une efficacité en danger
Face à ces difficultés, les forces de sécurité intérieure se retrouvent dans une impasse. Des véhicules vieillissants, des coûts exponentiels et une insuffisance de moyens alloués compromettent non seulement leur capacité d’intervention, mais aussi leur sécurité. Une réponse budgétaire et réglementaire adaptée devient urgente pour éviter que la situation ne se dégrade davantage.
Le renouvellement des flottes automobiles des forces de l’ordre doit redevenir une priorité afin de garantir des interventions rapides, sûres et efficaces au service des citoyens.
