Mort de Cédric Chouviat : le parquet de Paris demande un procès pour trois policiers accusés d’ »homicide involontaire »
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirQuatre ans après la mort tragique de Cédric Chouviat, un livreur parisien, le parquet de Paris a requis un procès pour « homicide involontaire » contre trois policiers impliqués. Ce drame, qui s’est déroulé lors d’un contrôle de police en janvier 2020, avait choqué une partie de l’opinion publique.
Cédric Chouviat, père de famille de 42 ans, avait succombé à ses blessures après avoir été plaqué au sol, casque de moto sur la tête, provoquant un malaise fatal.
Le déroulement des faits et la réaction de la famille
Le 3 janvier 2020, lors d’un contrôle à Paris, Cédric Chouviat avait été maintenu au sol par plusieurs policiers. Victime d’un malaise, il fut transporté d’urgence à l’hôpital, où son décès fut confirmé le 5 janvier. Ce contrôle controversé a soulevé de nombreuses interrogations sur les méthodes d’interpellation utilisées par les forces de l’ordre. Selon des expertises médicales, les manœuvres employées auraient directement contribué à l’asphyxie de M. Chouviat, qui avait eu le temps de prononcer à neuf reprises « j’étouffe » avant de perdre connaissance.
Depuis, la famille de la victime s’efforce de faire reconnaître la gravité de ces gestes. Les avocats de la famille, Mes William Bourdon et Vincent Brengarth, ont réagi vivement à la décision du parquet, regrettant que le chef d’accusation retenu soit « homicide involontaire » et non un terme reflétant un caractère intentionnel. « Un procès s’impose, mais pas sous une qualification aussi éloignée de la réalité des violences subies », ont-ils martelé.
Une enquête approfondie
Le réquisitoire final du parquet, daté du 29 octobre 2024 et relayé par Mediapart, précise que les trois policiers, âgés de 23 à 33 ans à l’époque des faits, sont accusés de négligence ayant contribué directement au décès. Une quatrième policière, également présente lors de l’interpellation, a été placée sous le statut de témoin assistée, n’étant pas considérée comme impliquée de manière directe dans les événements ayant causé la mort de M. Chouviat.
En janvier 2023, une reconstitution de l’interpellation avait été menée sur le quai Jacques-Chirac, à proximité de la tour Eiffel, afin d’évaluer si les policiers pouvaient entendre les appels à l’aide de M. Chouviat. Par la suite, une reconstitution en salle a permis d’examiner en détail les gestes d’interpellation et leur impact. Lors de leur audition en 2020, les policiers ont contesté avoir entendu la phrase « j’étouffe », arguant qu’ils auraient arrêté immédiatement s’ils l’avaient perçue.
Une décision désormais entre les mains du juge d’instruction
Le juge d’instruction est désormais chargé de statuer sur la tenue d’un procès pour les trois fonctionnaires. Cette affaire continue de susciter des débats houleux, tant sur les méthodes d’interpellation que sur la responsabilité des agents dans des situations de détresse avérée.
Le sort de cette procédure sera scruté de près, tant par les défenseurs des droits des victimes que par les syndicats de police, soucieux de l’impact de cette affaire sur la profession.
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