Alpes-de-Haute-Provence : La défense de ce chauffard multirécidiviste est surprenante…
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe 8 octobre 2024, E.N., 45 ans, a été présenté au tribunal correctionnel de Digne-les-Bains, menotté et escorté sous les yeux de ses enfants. Incarcéré depuis 18 jours, ce père de famille était jugé pour des faits graves de conduite sous l’emprise de l’alcool, refus d’obtempérer, et mise en danger des forces de l’ordre. Une audience qui a révélé une ligne de défense surprenante, voire suicidaire, au vu de son parcours pénal.
E.N. ne s’était pas présenté à une précédente convocation, le 19 septembre 2024, pour une série de délits routiers commis dans la nuit du 25 juin 2023 à Barcelonnette. Comme le relate HPI, ce soir-là, il avait tenté d’échapper aux gendarmes après avoir été formellement identifié au volant, malgré une alcoolémie élevée. Le prévenu, déjà connu pour ses antécédents, a persisté à nier les faits lors de son procès, accusant les gendarmes de mentir.
Une défense jugée « incohérente »
Maître Sofia Bara, l’avocate de l’accusé, a informé la présidente du tribunal que son client avait été placé en garde à vue la veille de son audience, encore une fois pour conduite en état d’ivresse (0,82 g/l) et sous l’emprise de stupéfiants. La veille de sa comparution, E.N. avait, selon lui, voulu retourner sur les lieux pour « prouver » que les gendarmes avaient menti, mais fut intercepté lors d’un nouveau contrôle. Il affirme que le cannabis était en réalité du CBD et que l’alcool était simplement festif.
Malgré les preuves accablantes, notamment les témoignages de dix personnes affirmant avoir vu E.N. ivre et prendre le volant, le prévenu a maintenu sa version des faits : « Je n’étais pas au volant cette nuit-là, les gendarmes sont des menteurs », a-t-il lancé au tribunal. Mais le président de l’audience, Marti Cartoixa, lui a sèchement rappelé que les forces de l’ordre l’avaient identifié formellement et qu’il avait même tenté de les renverser.
Un lourd passif judiciaire
Le substitut du procureur, Valentin Lafougère, a mis en lumière les antécédents judiciaires de l’accusé, qui avait déjà purgé 18 mois de prison pour avoir percuté un piéton en 2018, plongeant sa victime dans le coma pendant deux mois. « Vous n’avez tiré aucune leçon de vos erreurs », a déclaré le jeune magistrat, dénonçant une attitude fondée sur « les mensonges et l’aveuglement ».
Face à une défense vacillante, maître Sofia Bara a tenté de plaider la relaxe pour les faits de juin 2023, soulignant que l’état d’ivresse de son client n’avait pas été formellement constaté ce soir-là et que rien ne prouvait qu’il était bien au volant. Elle a aussi insisté sur la situation familiale d’E.N., père de trois enfants dont un mineur, et demandé la clémence.
Verdict sévère
Mais le tribunal n’a pas été convaincu. Les juges ont prononcé la culpabilité du prévenu, le condamnant à trois ans de prison, dont deux fermes, avec maintien en détention. Des peines complémentaires incluent l’annulation de son permis de conduire et la confiscation de son véhicule. E.N. devra également verser 500 euros de dommages et intérêts et 600 euros pour les frais d’avocat des parties civiles.
