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Manifestation anti LGV en Gironde : Tirs sur un hélicoptère de la gendarmerie et véhicule détruit lors du rassemblement

·La rédaction ⏱ 3 min
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Depuis vendredi soir, des opposants au projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux, Toulouse et Dax, parmi lesquels les Soulèvements de la Terre, un collectif écologiste radical, ont multiplié les actions de protestation. Les manifestations ont dégénéré en violences, visant directement les forces de l’ordre et leurs équipements.

Un hélicoptère de la gendarmerie, chargé de surveiller le site, a été pris pour cible. « Plusieurs tirs ont été dirigés contre l’appareil », a confirmé la préfecture de Gironde, précisant que ni l’hélicoptère ni son équipage n’ont été touchés. Comme le relate Ouest-France, la préfecture a condamné des « agissements intolérables » et une enquête a été ouverte pour identifier les auteurs de ces violences.

La situation s’est aggravée samedi après-midi lorsque des manifestants, vêtus de noir, ont vandalisé un véhicule de gendarmerie immobilisé dans un pare-feu. Selon la préfecture de Nouvelle-Aquitaine, une vingtaine à une trentaine d’individus ont brisé les vitres du véhicule et sont montés sur le toit, comme l’a montré une vidéo diffusée par Sud-Ouest. « Les trois gendarmes à bord ont essuyé des tirs de projectiles et ont dû abandonner le véhicule, se réfugiant à pied dans la forêt », relate le média local.

Le rassemblement, qui réunit environ un millier de personnes, est placé sous haute surveillance, mais les tensions ne faiblissent pas. Les opposants, constitués d’élus locaux, d’habitants, de sylviculteurs et de viticulteurs, dénoncent le projet de LGV comme étant un « chantier pharaonique » et « mortifère ». Ils estiment que les travaux, d’un coût estimé à une quinzaine de milliards d’euros, entraîneraient l’artificialisation de près de 5 000 hectares de terres, en traversant notamment des zones écologiquement sensibles comme la vallée du Ciron et sa hêtraie ancestrale.


Malgré ces oppositions, les autorités défendent le projet comme un enjeu stratégique majeur pour le développement du territoire. Alain Rousset, président socialiste de la région Nouvelle-Aquitaine, plaide pour un « investissement pour un siècle au moins », visant à réduire les trajets entre Paris et Toulouse à trois heures et dix minutes d’ici 2032. Il souligne également l’impact positif sur le fret, en libérant les lignes existantes pour acheminer les marchandises et en allégeant la circulation des 10 000 camions qui transitent quotidiennement par la région depuis l’Espagne.

Cependant, les opposants continuent de militer pour une alternative. Ils préconisent une rénovation des infrastructures ferroviaires existantes, afin de favoriser les « trains du quotidien » plutôt que de lancer de nouveaux projets qu’ils jugent démesurés. En outre, ils dénoncent l’imposition d’une taxe spéciale à 2 340 communes situées à proximité du tracé pour financer le chantier, cofinancé par l’État, les collectivités locales et l’Union européenne.

À ce jour, les travaux ont déjà débuté au nord de Toulouse, mais le chantier au sud de Bordeaux attend encore une autorisation essentielle qui doit être délivrée d’ici fin novembre. Une échéance qui pourrait attiser davantage la colère des opposants, déjà fortement mobilisés.

L’avenir de ce projet à haut risque reste donc incertain, dans un contexte de contestation croissante et d’escalade des violences sur le terrain.

La rédaction

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