Haute-Savoie : Il tue son beau-père, comme son père l’a fait 12 ans auparavant
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirCe lundi, s’ouvre aux assises de la Haute-Savoie un procès à haute tension : celui de Maxime G., 22 ans, jugé pour l’assassinat de son ex-employeur et père de son ancienne compagne, Maïté. Quatre ans après les faits, le jeune homme, alors âgé de 18 ans, est accusé d’avoir abattu André Chariglione, 64 ans, de deux coups de fusil dans sa ferme à Pringy, le 24 janvier 2021. Le drame familial plonge ses racines dans une relation chaotique, où s’entremêlent détresse psychologique et réminiscence d’un passé familial tragique.
Le drame d’une nuit d’hiver
Il est un peu plus de minuit ce 24 janvier 2021, quand une quarantaine de gendarmes encerclent la ferme isolée des Chariglione, en plein cœur des montagnes de Haute-Savoie. Maxime G. retient Mireille, l’épouse de sa victime, et Maïté, sa compagne jusqu’à peu, après avoir tiré sur André Chariglione en début de soirée. Comme le relate Le Parisien, pendant plusieurs heures, les deux femmes sont coupées du monde, tandis que le jeune homme hésite sur la marche à suivre, jusqu’à ce que Maïté parvienne finalement à s’échapper à 1h10 du matin. Maxime est immédiatement interpellé, des munitions dans les poches, et reconnaît avoir tiré sur André pour « sauver » Maïté et sa mère d’un père qu’il croyait violent et alcoolique.
Une relation en déclin
Maxime G. avait tout quitté pour se rapprocher de Maïté, en signant un contrat d’apprentissage à la ferme familiale, avec l’espoir de reprendre un jour l’exploitation aux côtés de sa petite amie. Mais après trois mois de cohabitation, Maïté met fin à leur relation, l’accusant de comportements abusifs. La rupture est difficile pour Maxime, qui se retrouve sans emploi et abreuve Maïté de messages oscillant entre déclarations d’amour et menaces. Selon lui, c’est André Chariglione qui l’empêche de renouer avec sa compagne, et il en arrive à nourrir une haine grandissante contre l’agriculteur.
Une spirale de violence
La veille du drame, Maxime se rend à la ferme malgré l’interdiction de Maïté. Le ton monte, et Maxime lui envoie des messages inquiétants : « Ton père a dépassé les limites… Je reviens armé et je le descends, cette merde. » Le père de Maxime tente de le raisonner, mais en vain. Le 24 janvier, Maxime harcèle Maïté de coups de téléphone avant de se rendre à pied à la ferme, armé. Deux coups de feu retentissent dans la grange, abattant André Chariglione. S’ensuivent des heures de terreur pour les deux femmes, Mireille et Maïté, que Maxime retient à l’étage, hésitant entre fuir et enterrer le corps.
Un passé familial douloureux
Comme l’explique le média parisien, le procès de Maxime G. résonne de manière tragique avec celui de son père, Thierry G., jugé douze ans plus tôt pour avoir tué son beau-père dans des circonstances similaires : deux coups de fusil lors d’une dispute familiale. Thierry G. avait été condamné à dix ans de prison, un événement traumatisant pour Maxime, qui n’avait que huit ans à l’époque. Ce drame familial a marqué le jeune homme au fer rouge, l’entraînant dans une spirale de troubles psychologiques jamais traités. À 11 ans, Maxime passe par une clinique pédopsychiatrique, et à 17 ans, il tire un coup de feu lors d’une dispute avec sa mère.
Un procès sous tension
Aujourd’hui, à 22 ans, Maxime G. risque la réclusion à perpétuité pour l’assassinat d’André Chariglione et les violences commises sur Maïté et Mireille. Il conteste la préméditation et les coups sur les deux femmes, mais le mystère demeure sur ce qui l’a réellement poussé à commettre l’irréparable. Ses avocats évoquent la détresse psychologique dans laquelle il se trouvait, hanté par son passé familial. « Nous sommes tous le fruit d’une histoire, et celle de Maxime est chaotique », explique Me Georges Rimondi, l’un de ses défenseurs, qui rappelle le manque de prise en charge psychologique après le drame vécu dans son enfance.
Pour les proches de la victime, en revanche, Maxime a agi sous l’emprise d’une obsession destructrice. Me Jean-François Jullien, avocat de Maïté et de sa mère, souligne que sa cliente « réclame une peine juste, et surtout d’être libérée pour toujours de cette histoire ».
La cour d’assises d’Annecy devra trancher entre l’histoire d’un jeune homme détruit par un traumatisme familial et celle d’un meurtre prémédité. Un procès qui s’annonce particulièrement chargé en émotion et en tensions, alors que Maxime G. joue son avenir.