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Le directeur du journal Oise Hebdo condamné pour avoir divulgué l’identité du policier de l’affaire Nahel à Nanterre

·La rédaction ⏱ 3 min
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Le directeur de l’hebdomadaire Oise Hebdo, Vincent Gérard, a été condamné ce jeudi par le tribunal de Compiègne (Oise) à une amende de 4000 euros, dont 2000 euros avec sursis.

Il était poursuivi pour avoir divulgué, dans un article publié le 6 juillet 2023 sur le site internet de son journal, l’identité et la commune de résidence de Florian M., le policier responsable du tir mortel sur Nahel Merzouk, 17 ans, lors d’une intervention à Nanterre (Hauts-de-Seine).

Cet article, publié dans un contexte de vives émeutes à travers la France suite au décès du jeune homme, incluait également une photo du brigadier de 38 ans. Ces informations avaient été diffusées malgré l’ouverture d’une enquête par le procureur de la République de Compiègne, suite à une saisine du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en vertu de l’article 223-1-1 du code pénal.

Des conséquences lourdes pour le policier et sa famille

Lors de l’audience, l’avocat du policier, Me Laurent-Franck Lienard, a souligné les répercussions dramatiques de cette publication. “Il était en détention et chaque demande de remise en liberté a été refusée à cause de cet article”, a-t-il affirmé, ajoutant que la famille du policier, y compris sa femme et son enfant de cinq ans, avait dû être placée sous protection.

Le procureur de la République a qualifié l’article d’”arme par destination”, estimant que la divulgation de ces informations mettait en péril la sécurité du fonctionnaire et de ses proches. Le tribunal a également ordonné à Vincent Gérard de verser 1000 euros de dommages et intérêts au policier.

Vincent Gérard fait appel

En réponse à cette condamnation, Vincent Gérard a annoncé son intention de faire appel. Dans un article publié sur le site d’Oise Hebdo, il a défendu la légalité de son action, arguant que les habitants de l’Oise avaient le droit de savoir qu’ils hébergeaient “l’homme qui était à l’origine de troubles uniques en France”. Il a également souligné que d’autres sites, notamment d’ultra-gauche, avaient déjà révélé des informations bien plus détaillées concernant le policier, incluant son adresse précise.

Réactions des syndicats de policiers

Cette condamnation a été saluée par plusieurs syndicats de police, qui y voient un signal fort en faveur de la protection des agents et de leur famille. Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat Un1té, a souligné sur X l’importance de rappeler que la vie des agents de l’État ne peut être mise en danger sous couvert de la liberté de la presse.

De son côté, Éric Henry, délégué national du syndicat Alliance Police Nationale, a qualifié cet acte de “folie criminelle”, insistant sur la nécessité de protéger les policiers et leurs familles contre de telles expositions publiques.

Enfin, Marc Hocquard, secrétaire général adjoint de l’UNSA Police, a estimé que cette décision de justice reconnaissait la gravité des faits et marquait une limite nécessaire à la liberté de la presse, lorsqu’elle porte atteinte à l’intégrité et à la dignité des individus.

La rédaction

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