Affaire Nahel : Un rapport d’expertise dévoile des nouveaux éléments
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUn rapport de 150 pages révèle de nouveaux détails sur la mort de Nahel M., un adolescent de 17 ans neutralisé par balle par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine). L’expertise, réalisée après une reconstitution de l’incident, indique que le jeune homme a redémarré son véhicule de manière délibérée. Le policier impliqué a été mis en examen pour homicide volontaire.
Un an après les faits, le rapport, rendu public par BFMTV, apporte un éclairage nouveau sur les circonstances de la mort de Nahel. Selon le document, l’adolescent a volontairement redémarré son véhicule alors qu’un policier le tenait en joue. Au moment du tir, la mise en mouvement de la voiture ne présentait pas de danger imminent pour les agents, précise l’expertise. Le volant n’a pas été tourné vers les policiers, et l’accélération était de faible intensité, à 17% de la capacité maximale de la Mercedes A45 AMG.
Les experts expliquent que Nahel a effectué plusieurs actions pour redémarrer le véhicule, qui était doté d’une boîte automatique : il a pressé le bouton de contact tout en appuyant sur la pédale de frein, enclenché le mode “D” (Drive), puis appuyé sur l’accélérateur.
Absence de traces de coups
Le rapport confirme également les conclusions de l’autopsie : le corps de Nahel ne présentait aucune ecchymose ni plaie. Si des coups ont été portés, ils n’ont laissé aucune trace visible, et n’ont pas pu affecter son contrôle des gestes.
La course-poursuite entre Nahel et les policiers, qui a duré 2 minutes et 40 secondes, s’est déroulée à une vitesse excessive. La Mercedes a roulé à une vitesse moyenne de 69,5 km/h, atteignant parfois 116 km/h en zone urbaine. Des images de vidéoprotection ont montré que le véhicule a failli percuter un cycliste et qu’un piéton a dû rebrousser chemin précipitamment pour éviter l’impact.
Mise en examen du policier
Le policier à l’origine du tir a été mis en examen pour “homicide volontaire”. Lors de ses auditions par l’IGPN, le fonctionnaire a justifié son geste en évoquant la dangerosité du comportement routier de Nahel et la crainte de nouvelles fuites, ainsi que le risque de blessures pour lui-même ou ses collègues. Après quatre mois et demi de détention provisoire, il a été libéré sous contrôle judiciaire mi-novembre.
Ce rapport d’expertise apporte un nouvel éclairage sur les circonstances du drame, soulevant des questions cruciales sur la gestion de l’intervention policière et les décisions prises ce jour-là.
← Plus d'actualités En direct