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Essonne : “J’ai vu ma vie défiler”, des policiers victimes de violences témoignent

·La rédaction ⏱ 3 min
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Six policiers de la BAC ont été violemment agressés à Ris-Orangis le 29 mars dernier. Ce fait divers, qui n’est malheureusement pas isolé dans le département, a mis en lumière le ras-le-bol des forces de l’ordre face à une violence croissante.

“Vingt minutes d’enfer”

Le 29 mars, trois agents de la BAC d’Évry arrêtent un suspect de trafic de stupéfiants dans le quartier sensible du Plateau à Ris-Orangis. Un second équipage les rejoint pour sécuriser l’intervention. Mais la situation dérape rapidement : un groupe d’individus se rassemble autour des policiers, les insultes fusent, les coups pleuvent.

“On a vécu vingt minutes d’enfer”, raconte le major V. “J’ai vu ma vie défiler, et celle de mes collègues”, témoigne un autre agent. “Au bout d’un moment, j’attendais le coup qui me mettrait K.O. J’étais résigné.”

Bilan : plusieurs policiers blessés, dont une femme frappée au visage comme le relate Le Parisien.

Un climat de violence chronique

Ce fait divers n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Les agressions contre les forces de l’ordre sont devenues quasiment banales en Essonne.

Ce week-end encore, des policiers ont été blessés à Grigny et Étampes lors de guets-apens.

“Il y a la violence verbale et physique”, note Guillaume Roux, délégué d’Un1té 91. “Plus aucune intervention ne se passe normalement.”

“À force, on finit presque par s’y habituer”, lâche un agent sous couvert d’anonymat.

Des peines jugées insuffisantes

Le 7 mai dernier, cinq jeunes accusés d’avoir participé à l’agression de Ris-Orangis ont été jugés. Des peines de trois à six mois de prison ont été prononcées, mais le cinquième prévenu a été relaxé.

“Le message envoyé aux délinquants est clair, ils peuvent recommencer. À quand un choc d’autorité ?”, réagit Claude Carillo, délégué départemental du syndicat Alliance.

Un sentiment d’impuissance

“La parole des policiers n’a plus autant de valeur qu’avant”, estime un fonctionnaire expérimenté.

Les policiers se sentent impuissants face à la violence croissante dont ils sont victimes.

“Pour moi”, reprend l’agent sous couvert d’anonymat, “il y a un manque de répression pénale. Les auteurs savent qu’ils ne risquent rien, ou pas grand-chose.”

Un cercle vicieux ?

Comment expliquer cette spirale de la violence ?

“Est-ce l’effet de groupe ?”, s’interroge un agent. “Pour moi, il y a un manque de respect envers l’autorité”, estime un autre.

Quoi qu’il en soit, la situation est préoccupante et ne semble pas s’améliorer.

Les policiers appellent à l’aide et à des mesures plus fortes pour endiguer la violence.

La rédaction

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