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Affaire Nahel : Vers un non lieu pour le policier ? Pour Me Laurent-Franck Liénard, “toutes les cases sont cochées”

·La rédaction ⏱ 3 min
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Les versions s’opposent après la reconstitution minutieuse des faits

Le 5 mai 2024, une longue reconstitution a eu lieu à Nanterre afin de retracer les circonstances du décès de Nahel, un jeune homme de 18 ans tué par un tir de policier le 29 novembre 2023. Cette reconstitution, jugée “extrêmement minutieuse” par l’avocat du policier mis en cause, Florian M., a duré 14 heures et 30 minutes et a permis d’étudier en détail les 25 secondes qui se sont écoulées entre le moment où le policier est descendu de sa moto et le tir mortel.

L’avocat du policier plaide la légitime défense

Me Laurent-Franck Liénard, avocat de Florian M., estime que la reconstitution a “parfaitement permis d’établir” que la version du policier, mis en examen pour homicide volontaire, était “vraie”. Selon lui, le policier se trouvait “coincé” par un trottoir et un mur, avec des plots en plastique juste derrière lui, ce qui l’aurait empêché de se mouvoir si la voiture de Nahel avait redémarré. Me Liénard affirme également que le policier “voulait blesser Nahel pour l’empêcher de repartir” et qu’il n’a jamais eu l’intention de le tuer.

Des versions contradictoires sur le déroulé des faits

Du côté de la famille de Nahel, l’avocat Me Nabil Boudi conteste fermement cette version des faits. Il estime que “le policier n’était pas en danger” et que “l’usage de son arme n’était pas nécessaire”. Il s’appuie notamment sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, montrant les deux policiers en train de braquer le conducteur de leur arme avant que l’un d’eux ne tire. Selon Me Boudi, cette vidéo “infirme la version policière” qui affirmait initialement que Nahel avait foncé sur le motard.

Vers un non-lieu ?

Me Liénard estime qu’un non-lieu est envisageable dans cette affaire. Il affirme que “toutes les cases sont cochées” pour que cette hypothèse se concrétise, “malgré l’issue fatale de cet usage d’arme qui n’était pas du tout volontaire”.

La décision de la tenue ou non d’un procès n’a pas encore été prise. En attendant, le policier mis en cause a été remis en liberté après avoir passé quatre mois et demi en détention provisoire. Il a également “changé de vie pour des questions de sécurité” d’après son avocat. Sa famille a quant à elle touché l’argent d’une cagnotte en ligne, initiée par le polémiste d’extrême droite Jean Messiha, qui avait permis de récolter plus de 1,5 million d’euros.

Cette affaire, qui avait conduit à une vague de révolte et de violences en France à l’été 2023, continue de susciter de vives tensions et met en lumière la question sensible des violences policières.

La rédaction

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