Évacuation de camps de migrants à Calais et Dunkerque : tensions entre la préfecture et les associations
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirCalais et Dunkerque ont été le théâtre d’une nouvelle vague d’évacuations de camps de migrants, jeudi 30 novembre. Des centaines de candidats à l’exil, campant dans des conditions difficiles, ont été contraints de quitter les lieux. L’association Utopia 56 a dénoncé une “expulsion d’une ampleur jamais vue”, avec des témoignages faisant état de personnes “forcées de monter dans des bus et expulsées vers l’ensemble du territoire français.”
À Loon-Plage près de Dunkerque et dans les campements proches de Calais, des bus ont été mobilisés pour transférer les migrants vers des abris d’urgence à l’écart du littoral. La préfecture du Pas-de-Calais a justifié cette opération en mettant en avant la nécessité de protéger les personnes à l’approche de l’hiver, soulignant les conditions précaires dans les campements détrempés par les pluies diluviennes de novembre et les températures négatives la nuit.
François-Xavier Bieuville, sous-préfet de Dunkerque, a souligné l’urgence de la situation en raison des conditions météorologiques difficiles, affirmant que l’objectif principal est de “sauver des vies”. Malgré cela, les tentatives de traversées vers le Royaume-Uni persistent comme le relate Le Monde.
Les associations, dont le Secours catholique, dénoncent ces évacuations comme des “expulsions forcées”, accusant les autorités de vouloir épuiser les personnes en transit. L’évêque d’Arras, Mgr Olivier Leborgne, s’est rendu sur place et a critiqué le caractère non prévenu des évacuations, appelant à une approche plus humanitaire et respectueuse du droit.
À Calais, entre 400 et 800 personnes ont été délogées, selon le Secours catholique, qui a également signalé des cas de poursuites et de contraintes pour monter dans des bus. La présidente du Secours catholique, Véronique Devise, a plaidé pour une ouverture plus souple du plan Grand Froid afin d’héberger les migrants sans les expulser.
Le Secours catholique appelle également à multiplier les lieux d’accueil de jour, à augmenter le nombre de lieux d’hébergement d’urgence, et à mieux protéger l’enfance parmi les migrants. Les forces de l’ordre, suivies par des équipes de nettoyage mobilisées par l’État, ont procédé au vidage de tentes après l’évacuation.
Les réactions des migrants témoignent du traumatisme de ces opérations. Yassin Omar, un Soudanais de 18 ans, a raconté que la police est arrivée vers 5 heures alors qu’ils dormaient, certains ont été pris sans savoir où ils étaient emmenés. Des pertes de biens personnels ont également été signalées, suscitant l’incompréhension parmi les migrants.
Cette évacuation s’inscrit dans une série d’opérations similaires, suscitant des critiques et des appels à une approche plus humanitaire de la part des associations et de certaines figures religieuses.