Romans-sur-Isère : Les Détails des Affrontements dans le Quartier de la Monnaie. Ils Voulaient “Brûler Vif” Leur Otage
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe samedi 25 novembre 2023, la ville de Romans-sur-Isère a été le théâtre de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des membres de l’ultradroite. Ces événements font suite à l’assassinat du jeune Thomas, 16 ans, poignardé à mort lors d’une fête à Crépol le 19 novembre. Des notes du renseignement territorial, révélées par “Le Monde“, détaillent le déroulement de cette journée tendue.
Dès 18 heures, les services de renseignements détectent des petits groupes encagoulés de militants de l’ultradroite se dirigeant vers le quartier de la Monnaie, armés de battes de baseball et de mortiers d’artifice. Soixante policiers de la CRS-83 de Chassieu et quatre équipages de la sécurité publique de la Drôme sont déployés pour bloquer l’accès au quartier et éviter les affrontements avec les jeunes locaux.
Malgré les mesures prises, les affrontements éclatent. Les militants érigent des barricades, les forces de l’ordre essuient des tirs de mortiers, et cinq policiers sont blessés. Les heurts prennent fin vers 18 h 20, mais une heure plus tard, des individus de la Monnaie déclenchent des incendies de véhicules sans entraîner de nouveaux affrontements.
Le climat de tension persiste avec le lynchage d’un militant d’ultradroite. Selon des témoignages, des jeunes du quartier ont attaqué un activiste réfugié dans un minibus, le rouant de coups et incendiant le véhicule. Le militant, retrouvé ensanglanté, explique avoir été extrait du minibus par des inconnus, menacé d’être brûlé vif, et violemment agressé.
Sur les réseaux sociaux circulent des images le montrant nu assis sur le sol, entouré de personnes dont certaines portent des capuches rabattues sur le visage. Des anciens du quartier, dont certains liés à l’islamisme radical, ont intervenu pour éviter le pire selon une source policière. Contactés, les policiers finissent par intervenir et prendre en charge la victime.
En réaction aux affrontements, dix-sept personnes de l’ultradroite ont été placées en garde à vue. Six d’entre elles ont été condamnées à des peines de six à dix mois de prison pour participation à un groupement violent et violences sur des agents de police. Sept autres seront jugées ultérieurement.
Le lendemain, une nouvelle menace émerge avec la diffusion d’un tract sur Instagram appelant à un rassemblement sur la place Jean-Jaurès à midi, sous le slogan “Stop au massacre des Français”. Le préfet de la Drôme, Thierry Devimeux, se rend immédiatement dans le quartier de la Monnaie, prenant des mesures préventives en menant une opération de contrôle systématique dans le centre-ville.
Les forces de l’ordre identifient deux individus de 22 et 29 ans, fichés “S” en raison de leur appartenance à l’ultradroite, et un autre est placé en garde à vue pour le port d’une arme blanche. Vers midi, une cinquantaine de militants d’ultradroite se rassemblent sur la place Jean-Jaurès, mais quittent les lieux sans incident avant que les sommations d’usage ne soient effectuées. Deux d’entre eux sont cependant placés en garde à vue pour port d’un couteau et de mortiers d’artifice.
Pendant ce temps, dans le quartier de la Monnaie, des individus, alertés du rassemblement, se préparent à en découdre. Malgré la présence massive des forces de l’ordre, plusieurs individus portant des passe-montagnes et appelant des renforts sont prêts à affronter les militants d’ultradroite. Une voiture sur le point de quitter le quartier est interceptée, révélant des clubs de golf, des cagoules et une matraque télescopique. Trois individus sont interpellés, appartenant, selon une source policière, à “la petite centaine d’individus qui pourrissent au quotidien la vie du quartier et se montrent extrêmement violents”.
Les déclarations de la maire de Romans-sur-Isère, Marie-Hélène Thoraval, soulignent la gravité de la situation dans le quartier de la Monnaie, décrivant environ 4 500 habitants et une centaine de jeunes causant des troubles importants.
Les services de renseignement avaient anticipé ce regain de tensions. Suite à l’assassinat du jeune Thomas à Crépol, une note de la DNRT alertait sur la mobilisation de l’ultradroite. Le parallèle entre l’insécurité et l’immigration, fait par les militants, continue d’alimenter les réactions au sein de cette frange d’activistes. Les autorités restent vigilantes face à la possibilité de nouvelles mobilisations et affrontements.