Interpellation à Sevran : Un policier condamné. Revoir la vidéo des faits
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUn policier a été condamné jeudi 2 novembre par le tribunal correctionnel de Bobigny à sept mois de prison avec sursis pour avoir asséné plusieurs coups à un médiateur de la ville de Sevran, en Seine-Saint-Denis, en 2019. Cette affaire avait été médiatisée suite à la diffusion d’une vidéo de l’interpellation.
Les faits remontent au 11 septembre 2019, lorsque des véhicules de police bloquaient une rue à proximité de la gare RER Sevran-Beaudottes pour effectuer un contrôle lié à un point de trafic de drogue. Lamine B., un ex-médiateur de la ville, avait demandé à un fonctionnaire de police de déplacer son véhicule pour permettre la circulation des automobilistes.
Cependant, deux versions contradictoires ont émergé concernant cet échange. Le fonctionnaire de police a affirmé avoir été outragé et insulté, ce que Lamine B. a nié. Le médiateur a fini par être contrôlé et interpellé, et la scène a été enregistrée par un riverain depuis sa fenêtre.
Au cours de l’interpellation, des coups ont été échangés entre le policier et Lamine B., jusqu’à l’arrivée de renforts. Un autre agent a fait usage de son pistolet à impulsion électrique, et la victime a fini par s’effondrer. Cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT) lui sera donné. Le parquet de Bobigny avait initialement requis un non-lieu, mais le juge d’instruction a renvoyé le policier devant le tribunal pour des violences illégitimes rapporte l’OBS.
À la sortie du tribunal, Lamine B. s’est exprimé en disant : « Je suis heureux, j’ai cru en la justice de mon pays. Cela a mis du temps mais j’ai eu raison d’y croire. Aujourd’hui, le policier est condamné, on va voir s’il fait appel. »
L’ancien médiateur travaille actuellement dans une bibliothèque à Sevran et fait de la figuration dans des films, notamment policiers, et des séries. En plus de la condamnation à sept mois de prison avec sursis, le fonctionnaire de police a également été condamné à verser plus de 3 000 euros au titre de la réparation des préjudices subis.
Dans les motivations de la décision, la présidente du tribunal a souligné que bien que la technique d’interpellation soit réglementaire, elle était inadaptée et disproportionnée à la situation.