Témoignages poignants des collègues du policier Eric Monroy décédé au Mans. “On est parti à trois, on est revenu à deux”
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe procès de Charlie Fajole, accusé de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner du policier Eric Monroy en août 2020, s’est ouvert ce lundi 25 septembre 2023 devant la cour d’assises de la Sarthe. Les collègues du défunt policier ont témoigné de cette nuit tragique où ils étaient intervenus pour secourir un automobiliste en détresse.
Le brigadier Eric Monroy, âgé de 43 ans, faisait équipe avec la gardienne de la paix Tounilou M. et l’adjoint de sécurité Axel P. lors de cette mission de police. Leur objectif était d’aider un automobiliste endormi ou inconscient au milieu de la chaussée à l’avenue Olivier-Heuzé, au Mans.
La tragédie a débuté lorsqu’un livreur de journaux, pensant que l’automobiliste était en danger, a donné l’alerte. Les pompiers ont tenté en vain de réveiller le conducteur avant de briser la fenêtre pour accéder à l’habitacle. C’est à ce moment que la police a été appelée pour assurer la sécurité de la situation.
Au début de leur intervention, l’ambiance était décontractée, décrite comme “bon enfant” par certains témoins. Les policiers ont tenté à plusieurs reprises de réveiller Charlie Fajole, le conducteur. Le brigadier Monroy a même tenté d’empêcher le départ de la voiture en retirant la clé de contact, mais en vain.
Malheureusement, Charlie Fajole a démarré le véhicule brusquement, provoquant une série d’embardées sur l’avenue Olivier-Heuzé. Le brigadier Eric Monroy a été éjecté du véhicule et est décédé des suites de ses blessures.
Eric Monroy, père de trois filles, était décrit comme un excellent policier par ses collègues. Il était leur chef de bord et veillait à leur sécurité. Sa disparition a laissé un vide profond au sein de l’équipe. “C’était notre chef de bord. Il faisait attention à ce qu’on faisait pour toujours agir en sécurité”
, dit la gardienne de la paix Tounilou.
“On patrouillait souvent ensemble. Je me sentais en confiance quand j’étais avec lui. Chaque soir, j’apprenais de nouvelles choses”
relate Ouest-France.
Le procès de Charlie Fajole se poursuit jusqu’au 27 septembre 2023, avec l’accusé risquant vingt ans de réclusion criminelle. Son avocat, Me Jean de Bary, devrait plaider l’homicide involontaire. Ce procès demeure un moment douloureux pour tous ceux affectés par cette tragédie, et il réaffirme l’engagement des policiers à assurer la sécurité et à aider les gens dans des situations difficiles.