Delphine, la Surveillante Pénitentiaire accusée d’avoir fait entrer des explosifs dans la prison de Douai a été innocentée, après son suicide…
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Une surveillante de prison, Delphine Pader, suspectée pendant près de quatre ans d’avoir introduit des explosifs en prison, s’est suicidée au cœur de l’été. Cependant, un mois plus tard, le parquet de Lille a finalement reconnu son innocence, mettant fin à une tragédie qui a mis en lumière la lenteur de la justice française.
Comme l’explique Le Parisien, Delphine Pader avait attendu pendant quatre ans, clamant son innocence à chaque interrogatoire. Elle avait été mise en examen le 1er mars 2019 pour “association de malfaiteurs” et “détention en bande organisée de produit explosif” après la découverte de 500 g d’explosifs à la prison de Douai en octobre 2018. Pendant cette période, elle avait été suspendue de ses fonctions dans l’administration pénitentiaire.
Le mari de Delphine Pader, Jérôme, avait révélé qu’elle était sous antidépresseurs et qu’elle se sentait constamment accablée par l’affaire. Dans une lettre adressée à son fils avant son suicide, elle exprimait son épuisement et son désarroi face à l’injustice qu’elle ressentait, se considérant comme une criminelle et une paria.
Cependant, le 8 septembre dernier, après une enquête judiciaire de près de quatre ans, le parquet de Lille a requis un non-lieu total en faveur de Delphine Pader. Le parquet a déclaré qu’il n’existait pas de preuves suffisantes pour la maintenir en accusation.
Le mari de Delphine Pader a déploré la lenteur de la justice et les rumeurs internes à la prison qui ont finalement conduit au suicide de sa femme. Il a souligné que ce qu’elle criait depuis le début s’est avéré être vrai, selon les conclusions du parquet.
L’affaire reposait en partie sur l’existence présumée d’une vidéo montrant Delphine Pader en train de remettre les explosifs à un prisonnier. Cependant, cette vidéo n’a jamais pu être trouvée malgré les années de bataille de son avocat pour qu’elle soit examinée. De plus, le témoignage du prisonnier en question a finalement exonéré Delphine Pader de toute responsabilité dans l’introduction des explosifs en prison.
Malgré ces éléments, la procédure a traîné en longueur, privant Delphine Pader de sa carrière pendant des années. Elle a finalement mis fin à sa vie le 31 juillet, convaincue de ne jamais être crue.
L’avocat de la défunte envisage désormais de mettre en cause la responsabilité de l’État dans cette tragédie, affirmant que la justice a poussé une innocente au suicide. La décision finale appartient désormais au juge d’instruction, alors que la famille de Delphine Pader cherche à faire honneur à sa mémoire.
Cette affaire souligne les conséquences tragiques que peut avoir la lenteur du système judiciaire et l’importance cruciale de garantir des enquêtes justes et efficaces pour prévenir de telles tragédies à l’avenir.