AFFAIRE HEDI : Le policier de la BAC écroué demande une remise en liberté. On fait le point sur l’enquête
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Quatre policiers ont été mis en examen suite à l’agression violente de Hedi, âgé de 22 ans, à Marseille, lors des émeutes. L’un de ces policiers, placé en détention provisoire, a été interrogé par le juge d’instruction ce mercredi et a demandé à être remis en liberté. Cette situation avait suscité un mécontentement au sein des forces de l’ordre.
Le policier âgé de 35 ans a maintenu sa version des événements lors de cet interrogatoire supplémentaire, selon son avocat, Me Pierre Gassend. Il a indiqué avoir tiré un projectile de lanceur de balle de défense (LBD) en direction d’Hedi, car il considérait que le jeune homme constituait une menace pour ses collègues. Il a affirmé agir conformément aux instructions de sa hiérarchie, qui étaient de rétablir l’ordre sans effectuer d’arrestations, en raison d’un manque de ressources sur le terrain et dans un contexte presque insurrectionnel.
Une source policière a expliqué a Actu17 : « Interpeller quelqu’un signifie devoir quitter le terrain, conduire la personne au commissariat et rédiger un procès-verbal. Cette nuit-là, il fallait le maximum de monde sur le terrain, pour limiter la casse. »
La défense a également fait valoir que toute pression sur la victime était peu plausible compte tenu de la médiatisation de l’affaire.
Le 3 août dernier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence a décidé de maintenir le policier en détention. Au cours de l’audience, le policier a pris la parole et a confirmé pour la première fois qu’il avait fait usage de son LBD lors de l’intervention qui a entraîné de graves blessures chez Hedi. Il a expliqué avoir vu deux individus encapuchonnés faire demi-tour. Ensuite, il a observé des mouvements de bras, l’un des individus a pris la fuite et l’autre a armé son bras pour jeter un projectile sur les policiers. À ce moment-là, il a pris la décision de faire usage du LBD une fois. Il a précisé : « Lors de mon tir, je n’ai absolument pas visé la tête. »
La décision de placer ce policier en détention provisoire a déclenché une vague de colère au sein des forces de l’ordre, entraînant notamment de nombreux arrêts maladies dans les Bouches-du-Rhône et en région parisienne. Le syndicat Unité SGP Police FO a encouragé les policiers à adopter le « code 562 », signifiant qu’ils n’interviennent qu’en réponse à un appel (au « 17 », notamment), ou s’ils sont sollicités. À Marseille, les gardes à vue ont nettement diminué ces derniers jours, d’après plusieurs sources policières, avec une baisse estimée à environ 70%.
Dans cette affaire, les quatre policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours », avec des circonstances aggravantes, notamment « commises en réunion », « avec usage ou menace d’une arme » et « par personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions ». Les trois autres policiers ont été placés sous contrôle judiciaire.
À la suite de cette agression, Hedi est resté dans le coma pendant plusieurs heures et a subi plusieurs interventions chirurgicales, dont le retrait d’une partie de son crâne.