Béziers : 100% des effectifs de police en arrêt maladie. “L’épidémie” dans la police se poursuit
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLa nuit du samedi 29 au dimanche 30 juillet a été marquée par l’absence de policiers nationaux dans les rues de Béziers. En effet, aucun équipage de police secours ou de la brigade anti-criminalité (Bac) n’était en service, tous étant en arrêt maladie. Seul un équipage de police secours était en activité à Agde. Cette situation témoigne du mal-être grandissant des policiers dans la région du Biterrois et de l’Agathois.
Ghislain Marty, membre du syndicat Alliance Police Nationale 34, souligne dans Midi Libre que jamais il n’a connu un tel malaise dans la profession depuis ses débuts dans les années 90. Cette détresse se traduit par une usure psychologique et physique poussant les policiers à s’arrêter de travailler, comme cela s’est produit lors de cette nuit sans effectif à Béziers.
Le problème va bien au-delà de cette nuit, avec une tendance inquiétante de démissions et de demandes de disponibilité pour une reconversion, déconseillant même ce métier à leurs propres enfants, alors qu’il fut autrefois une fierté de servir la République en uniforme, de génération en génération.
Pour Ghislain Marty, il est urgent d’établir un dialogue constructif entre la justice, la police et les législateurs afin de redonner un sens à leur métier et d’éviter toute politisation. L’objectif demeure inchangé : faire respecter les lois de la République, sans exception.
Fabrice Aebi, du syndicat Unité SGP Police, avait pressenti l’ampleur de ce malaise. Il déclare que les incarcérations de collègues ne sont que la goutte d’eau ayant fait exploser une situation tendue depuis des années. Les médecins prennent désormais la décision de mettre en arrêt maladie les policiers confrontés à ce véritable problème de santé.
Le témoignage de David, un policier, illustre les dangers et les difficultés auxquels ils font face : fatigue, humiliations, impacts psychologiques, tout cela met en péril leur sécurité et leur capacité à prendre des décisions professionnelles justes.
Le sentiment d’abandon est renforcé par le manque de reconnaissance de la part des autorités, notamment dans certaines affaires sensibles, et la demande d’un statut spécifique pour les policiers émerge comme une mesure nécessaire pour les protéger.
Dans les jours à venir, d’autres mouvements pourraient se déclencher, avec les fonctionnaires de la Police de l’air et des frontières (Paf) envisageant également de cesser le travail. Des problèmes au centre de rétention administrative de Nîmes pourraient entraîner l’adhésion d’agents de Sète à ce mouvement. Les policiers de Sète, comme leurs collègues nationaux, n’ayant pas le droit de faire grève, pourraient également se voir contraints de prendre des arrêts maladie par leurs médecins. La situation semble de plus en plus préoccupante pour les forces de l’ordre dans la région.