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Caroline quitte la police nationale pour rejoindre la police municipale : un choix sans aucun regret

·La rédaction ⏱ 4 min
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Caroline Allier, âgée de 40 ans, occupe depuis un an le poste de directrice de la police municipale de Saint-Clément-de-Rivière (Hérault). Ayant quitté la police nationale, qu’elle jugeait inappropriée pour elle, elle s’épanouit pleinement dans son nouveau rôle et ne regrette en rien sa décision comme elle l’explique dans le journal France Bleu. Découvrons le portrait de cette femme passionnée.

La police et la gendarmerie confrontées à une vague de démissions

Selon un rapport publié en avril 2023 par la Cour des comptes, jamais auparavant n’avait-on enregistré autant de démissions au sein des rangs de la police et de la gendarmerie qu’en 2022. Ces départs se sont multipliés depuis la pandémie de Covid-19 et l’année précédente a établi des records en France, avec près de 11 000 démissions chez les policiers et 15 000 chez les gendarmes. Ces chiffres ne peuvent être expliqués par les départs à la retraite, qui sont restés stables. Le rapport souligne que les démissionnaires sont de plus en plus attirés par les polices municipales, qui connaissent un développement croissant et recrutent activement.

Des journées sans fin et des horaires décalés

Le parcours de Caroline Allier, âgée de 40 ans, est révélateur de cette tendance. Après avoir obtenu sa licence en histoire-géographie, elle a pris le temps de réfléchir et a finalement décidé de changer complètement de voie en passant le concours de la police nationale à Marseille. À sa sortie de l’école, elle a été affectée à un commissariat du 8e arrondissement de Paris, où elle a découvert la capitale et son travail intense. Toutefois, cette vie effrénée ne correspondait pas à ses attentes : “C’était non-stop, une course permanente. En tant qu’équipage de police-secours, nous étions constamment sollicités pour des problèmes sur la voie publique, des accidents, enfin pour tout. J’étais constamment sous pression, et cela ne me correspondait pas.”

La liberté de choisir son affectation

En devenant mère, Caroline Allier a réalisé qu’elle ne souhaitait pas élever ses enfants dans la capitale, en plus des conditions de travail éprouvantes. Après cinq ans, elle a décidé de tout changer et a postulé pour devenir policière municipale à Vauvert (Gard), sa commune d’origine. Ce choix a considérablement raccourci sa carrière : “Pour obtenir une mutation dans le sud de la France, il aurait fallu attendre au moins 15 ou 20 ans, donc oui, ce retour était bénéfique.”

La proximité, un luxe apprécié

Depuis un an, Caroline Allier dirige une équipe de cinq agents au sein de la police municipale de Saint-Clément-de-Rivière, située au nord de Montpellier. Cette situation la remplit d’enthousiasme : “Je m’éclate, j’ai la chance de m’épanouir dans mon travail, donc je suis très heureuse d’avoir fait ce choix.” Ce qu’elle apprécie par-dessus tout, c’est la proximité avec les citoyens : “Pouvoir prendre le temps de faire mon travail, ça n’a pas de prix. Établir une relation avec les usagers, avoir le temps de trouver des solutions…”

Un métier moins dangereux

Caroline Allier souligne également que le métier de policier municipal est moins dangereux que celui de policier national. Elle constate que “l’évolution sociétale” de ces dernières années a été particulièrement éprouvante pour les policiers, avec des cas de blessures par balle et une violence réelle qui interroge les collègues. Elle comprend que cela puisse être difficile.

Le hic : le régime de retraite

Cependant, il est impossible de tout avoir. “Attention ! Les régimes de retraite sont totalement différents. Le choix professionnel que j’ai fait aura des conséquences sur le reste de ma vie. Nous n’avons pas les mêmes statuts ni les mêmes avantages.”

“Les gens veulent profiter un peu de la vie” – Jean-Michel Weiss

Jean-Michel Weiss, chef de la police municipale à La Grande-Motte et délégué général de la Fédération autonome des policiers municipaux de l’Hérault, confirme et résume tout cela. “Il est vrai que travailler un week-end sur deux avec des horaires décalés est compliqué. Travailler en uniforme sur la voie publique n’est pas simple non plus. Chaque jour, il y a des refus d’obtempérer, des collègues mis en danger, donc je comprends ceux qui souhaitent changer de métier. Et ne nous voilons pas la face : le département de l’Hérault et la région Occitanie sont bien plus attrayants que les environs de l’Île-de-France ou certains quartiers que je ne nommerai pas.”

La rédaction

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