Paris : Il tente de voler l’arme d’un policier. “Je voulais être tué par la police”
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe tribunal correctionnel de Paris a prononcé une peine de 6 mois de prison en régime de semi-liberté à l’encontre d’un homme après qu’un psychiatre ait signalé des propos inquiétants tenus lors d’un entretien. Le trentenaire, prénommé Frédéric, a exprimé son vécu difficile et les épreuves qu’il a traversées. Il a été reconnu coupable d’avoir attaqué des policiers dans un commissariat du Ve arrondissement le 15 juin. La condamnation requiert l’exécution de la peine en semi-liberté.
Un psychiatre avait signalé les propos inquiétants tenus par Frédéric lors d’un entretien le 30 mai, évoquant notamment la possibilité d’attaquer des policiers ou de mettre fin à ses jours. Frédéric a été arrêté le 13 juin, mais son état de santé a rapidement été jugé incompatible avec une garde à vue. Comme le relate Le Parisien, il aurait dû être conduit à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (I3P), mais il n’y avait plus de place, ce qui a entraîné son retour au commissariat.
C’est là qu’il a tenté de saisir l’arme d’un agent, parvenant même à la toucher. Me Nicolas Forlot, l’avocat des policiers, souligne : “Lorsqu’on pose la main sur l’arme d’un policier, c’est une situation extrêmement dangereuse, très stressante, qui a causé un préjudice moral considérable”. Frédéric a été maîtrisé et aurait craché sur les agents, bien qu’il nie ces allégations. C’est en étant maîtrisé qu’il a dû donner l’impression qu’il crachait.
Devant le tribunal, Frédéric a exposé son récit : “Je voulais être tué par la police, je ne supporte plus ma vie. On me place dans des hébergements sociaux inacceptables où il y a des cafards, de la violence et de la drogue. J’avais demandé à intégrer des structures spécialisées, mais je ne suis ni schizophrène ni bipolaire, je ne peux pas y être admis”. Il poursuit : “Les faits se sont produits un jour où je n’allais pas bien. Je veux mourir. Depuis que je suis enfant, j’ai toujours été victime de violences”, évoquant notamment des violences sexuelles.
Il met en garde : “La prochaine fois, je le ferai moi-même sans mettre les gens en danger”. Il semble avoir cessé son traitement médical. L’un des assesseurs lui pose la question, et Frédéric répond que c’est difficile de suivre un traitement à la rue. Il conclut en déclarant : “Il faut que je commette un délit pour être ici devant vous et qu’on essaie de me trouver une solution”.
Le procureur de la République réagit aux propos de Frédéric : “Je peux ressentir une certaine compassion, mais il doit comprendre que toutes les personnes confrontées à d’importantes difficultés n’ont pas 20 condamnations à leur casier judiciaire. Cela ne justifie pas la commission de délits”. L’avocat de Frédéric, Me Romain Gonçalves, plaide : “Parfois, il se déconnecte et perd contact avec la réalité. Il se présente devant vous avec une grande dignité, il a été très honnête, très émouvant et très conscient de sa situation. Il exprime clairement sa volonté de s’en sortir”. Une nouvelle chance lui est accordée.