Un chauffard jugé pour avoir renversé un policier : Il avait 2 grammes d’alcool dans le sang, avait consommé du protoxyde d’azote et conduisait sans permis
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirTout juste majeur au moment des faits, en état d’ébriété et sans permis de conduire, il avait percuté un policier, obligeant ses collègues à ouvrir le feu. Après deux ans de détention provisoire, le prévenu a été jugé le mardi 30 mai au palais de justice d’Alès.
Il y a deux ans, un simple contrôle routier dans le quartier de Rochebelle à Alès a dégénéré en fusillade. Une policière témoigne devant le tribunal : “C’est l’intervention la plus terrible de ma vie. Cela a changé ma manière d’aborder les contrôles routiers. On voit à quel point les choses peuvent rapidement dégénérer. Devoir utiliser son arme lors d’un simple contrôle, alors qu’un de nos collègues est déjà à terre, c’est terrible.”
Comme le relate Midi-Libre, le 19 mai 2021, des renforts venant de Nîmes rejoignent les effectifs d’Alès pour les manifestations prévues ce jour-là. Vers 17 heures, les policiers remarquent une grosse berline allemande rouge avec des plaques d’immatriculation polonaises. Ils décident de la contrôler.
Un agent se place devant la BMW, mais Djibril, le jeune conducteur, accélère. Le chauffard fonce sur le fonctionnaire et le heurte. Le policier est projeté sur le capot, passe par-dessus le toit de la voiture et retombe lourdement, inconscient, sur la chaussée de la ruelle.
Les policiers poursuivent la BMW. Le jeune chauffard tente de faire marche arrière une fois bloqué. Il ignore toujours les sommations des agents. Un fonctionnaire essaie de pénétrer dans la voiture pour empêcher la manœuvre. Après plusieurs essais, Djibril réussit à passer la marche arrière.
La voiture se dirige vers le policier blessé plus bas dans la rue, ainsi que vers les autres agents venus lui porter secours. Les policiers, conscients du danger pour leurs collègues, sortent leurs armes de service pour ouvrir le feu. Au total, cinq coups de feu sont tirés. Djibril est touché à la main et à la cuisse. Il s’effondre au bas de son véhicule, mais continue de menacer les policiers.
Les avocats des policiers précisent la difficulté de l’intervention. “Un groupe d’une vingtaine d’individus s’est rassemblé et s’est montré hostile. Les policiers ont reçu divers projectiles, retardant l’intervention des secours pour les deux blessés. Il aura fallu le tir d’une grenade lacrymogène pour disperser le regroupement.”
Le procureur de la République d’Alès, François Schneider, déplore que cette affaire n’ait pas été renvoyée devant la cour d’assises, malgré sa gravité. Il souligne que les menaces de mort n’ont pas été retenues, tandis que la conduite sans permis l’a été. Il souligne la personnalité inquiétante du jeune homme qui a été contrôlé avec près de 2 grammes d’alcool dans le sang, avait consommé du protoxyde d’azote et conduisait sans permis.
Le procureur demande la peine maximale, soit sept ans de prison avec maintien en détention. Le tribunal le condamne finalement à six ans et demi de prison, avec maintien en détention.
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