Nice : Un individu pénètre dans un commissariat et en ressort armé et habillé en policier pour une raison bien particulière
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirUn homme a réussi à pénétrer dans un commissariat de Nice. Celui-ci a dérobé du matériel policier et a filé.
Les faits se sont déroulés dans la caserne Auvare dimanche soir. Comme le relate Nice-Matin, Medhi, âgé de 22 ans, s’est alors livré le lendemain soir aux policiers. Jugé mercredi en comparution immédiate, l’histoire est pour le moins déroutante.
Il explique au juge qui lui demande comment il a fait pour s’introduire dans le commissariat, “Y’a une voiture qui rentre, je rentre derrière. Je n’ai pas été interpellé”. Il explique que son intention était d’être arrêté, “je voulais aller en prison”.
Comme l’explique le quotidien régional, on pourrait penser à un déséquilibré mais il n’en est rien. Dans le box, l’homme apparaît comme un garçon dépressif, en proie à “un mal-être profond”, qui se perçoit “comme un déchet de la société”, explique son avocat.
Il indique qu’une fois dans dans la caserne, “y’a rien qui se passe. Je cherche à bouger des choses, à faire réagir”. Il pénètre alors dans un local et déballe un carton de matériel de police scientifique, s’empare de spots destinés à éclairer les scènes de crime. “Les plus gros, pour être le plus apparent possible”. Puis il repère “une fenêtre à moitié ouverte”. S’introduit dans des bureaux. Et “commence à fouiller partout”.
Il découvre ainsi un gilet pare-balles, une paire de menottes, mais aussi un vieux revolver et deux chargeurs, contenant chacun quinze cartouches de calibre 9 mm, destinées au pistolet semi-automatique standard des policiers.
Il trouve ensuite un uniforme dans un placard, l’enfile, revêt le gilet tactique, charge le reste dans son sac et regagne la sortie. La porte piéton finit par s’ouvrir. Il se retrouve dans le tramway et rentre chez lui à dix kilomètres de là. Sa famille, stupéfaite, le voit arriver. “Ils ne voient que la tenue de police, pas tout de suite les armes. Quand il les voit, mon père panique un peu. Il essaie de me les retirer.”
Son père admet face aux policiers, “Quand j’ai vu tout ça, j’ai compris que c’était très grave. J’ai tout mis dans des sacs poubelles, et tout jeté. J’avais peur qu’il nous fasse du mal avec les armes.” Sitôt avisés, “les policiers ont fait la course aux poubelles”, constate le président. Sans succès.
Tout le monde espère que le contenu ait bien fini à la déchetterie. Le flou persiste s’il a embarqué une ou deux armes ? “Pourquoi va-t-il chercher des armes? Et un uniforme de police?” s’inquiète l’avocate d’un policier. Elle n’est pas la seule. Les services antiterroristes ont vérifié que Mehdi n’avait rien à voir avec leur mission. Sur ce point, ils ont été rassurés.
Le tribunal a condamné Medhi à un an de prison, dont six mois avec sursis probatoire. Il fera le reste sous bracelet électronique. Pas question pour les juges d’envoyer ce jeune homme en prison où règne “la loi du plus fort”. “Il se ferait broyer” l’avertit le président. Le prévenu a également l’interdiction d’exercer une fonction publique et de détenir une arme.
L’affaire a également posé la question de la sécurité de cette caserne. Comme le relate Actu17, le président du tribunal a toutefois précisé qu’il n’était pas en mesure de traiter ce problème et qu’il appartenait au ministère de l’Intérieur de le gérer.