Attentats de Janvier 2015. On oubliera jamais les policiers Franck, Ahmed et Clarissa
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirDu 7 au 9 janvier 2015, la France a vécu trois jours d’horreur. Trois policiers ont perdu la vie. Franck, Ahmed, et Clarissa. Nos pensées vont vers leurs familles. Nous ne les oublieront jamais.
Mercredi 7 janvier, deux hommes lourdement armés attaquent le journal satirique “Charlie Hebdo”, aux cris de “Allah akbar”, tuant douze personnes, dans ce qui est alors le plus grave attentat en France depuis plus d’un demi-siècle. Charb, Wolinski, Cabu et Tignous, connus pour leurs dessins irrévérencieux, provocateurs, figurent parmi les morts. L’économiste Bernard Maris aussi. Un policier sera également tué, c’était Franck. Les deux tueurs, Chérif et Saïd Kouachi, âgés de 32 et 34 ans, fuient et croisent la route d’un second policer. Il sera froidement abattu. C’était Ahmed.
Jeudi 8 janvier, une fusillade a lieu à Montrouge, au sud de Paris. Une policière âgée de 25 ans est tuée. C’était Clarissa. Un lien n’est établi que le lendemain avec l’attaque contre “Charlie Hebdo”. Le tireur, Amedy Coulibaly, âgé de 32 ans, connaît les frères Kouachi, il est lui aussi en fuite.
Vendredi 9 janvier au matin, Chérif et Saïd Kouachi pénètrent dans une entreprise à Dammartin-en-Goële, à une quarantaine de kilomètres de la capitale, et prennent en otage le gérant, qu’ils relâchent rapidement. Parallèlement, Amedy Coulibaly, peut-être accompagné d’une deuxième personne, prend en otages une quinzaine de personnes dans un magasin “Hyper Cacher” à la Porte de Vincennes.
Vers 17 heures, policiers et gendarmes d’élite donnent l’assaut quasi-simultanément. Les trois terroristes sont tués. Quatre personnes sont mortes Porte de Vincennes, ce qui porte à 17 le nombre de morts civils dans ces attaques.
Franck Brinsolaro, 49 ans, brigadier, membre du service de la protection (ex-SPHP). Affecté à la protection du dessinateur Charb, il a été tué le mercredi 7 janvier par l’un des frères Kouachi dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo.
Avant Charb, il avait notamment assuré la protection de deux juges antiterroristes, dont Marc Trévidic, et celle du président du consistoire israélite de France, Joël Mergui. Il avait effectué également plusieurs missions à l’étranger, au Liban en Bosnie, en Afghanistan et en Afrique – où il avait été blessé – pour assurer la protection d’officiels. Il était marié à Ingrid Brinsolaro, rédactrice en chef de l’hebdomadaire “L’éveil normand”, dont le siège se trouve à Bernay (Eure). Le couple s’était marié récemment et avait deux enfants, dont un de treize mois. Son frère jumeau est également policier, en poste à Marseille.
Ahmed Merabet, 40 ans, brigadier en poste à la brigade VTT du commissariat du XIe arrondissement, le quartier où se trouve le siège de Charlie Hebdo. Arrivé peu de temps après sur les lieux du carnage, il a été blessé puis froidement abattu à bout portant par l’un des frères Kouachi. D’après sa famille, Ahmed Merabet était un “bosseur”, qui était animé par un objectif: “Gravir les échelons de la société”.
Il avait entamé sa carrière dans la police après avoir travaillé “au Mac Donald’s, à la SNCF et à Roissy”. Après huit ans passés au commissariat du XIe arrondissement, il s’apprêtait à devenir officier de police judiciaire, dont il avait réussi le concours. “Ce devait être son dernier jour” au commissariat, a témoigné son frère.
Originaires d’Algérie, ses parents se sont installés à Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) en 1955. Ses quatre soeurs et ses deux frères y habitent, tout comme lui, et tous dans la même rue. Ahmed n’était pas marié mais vivait en couple.
Clarissa Jean-Philippe, 27 ans, policière municipale. Elle a été abattue par Amédy Coulibaly le jeudi 8 janvier au matin peu après 08h00 alors qu’elle se rendait sur un banal accident de la route sur la commune de Montrouge. Martiniquaise, originaire de Sainte-Marie, elle était célibataire et sans enfant. Un responsable de la mission où elle avait suivi en 2008 une formation d’agent de sécurité l’a décrite comme “très motivée, très enthousiaste et désireuse de réussir”. Elle était partie pour la métropole en 2013 avant de rejoindre la police municipale comme stagiaire. Elle venait d’être titularisée. Selon ses collègues, elle était “volontaire, agréable”, incarnant “la joie de vivre”.