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La garde à vue du Youtubeur NORMAN, accusé de viol et corruption de mineurs, est levée. Les édifiants témoignages des six victimes présumées en vidéo. Regardez

·La rédaction ⏱ 7 min
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Norman Thavaud est sorti de garde à vue, sans poursuites à ce stade. Six jeunes femmes ont porté plainte contre le youtubeur.

Norman Thavaud, troisième youtubeur français avec près de 12 millions d’abonnés, a été placé en garde à vue ce lundi 5 décembre, à la suite d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris et confiée à la brigade de protection des mineurs (BPM). Cette garde vue avait été prolongée ce mardi matin.

Il étaitinterrogé sur des faits de corruption de mineurs et de viol, impliquant plusieurs adolescentes et jeunes femmes. Le parquet de Paris confirme la garde à vue à Libération. Certaines sont fans de la star du Web, et l’accusent de faits de nature différente. Depuis plusieurs mois, la BPM de la préfecture de police de Paris s’attachait à recouper les multiples scénarios décrits.

En août 2018, le nom de Norman Thavaud, à ce stade présumé innocent, avait été cité dans la vague #BalanceTonYoutubeur à la suite d’un tweet de Lucas Hauchard, alias Squeezie, le numéro 1 français (17,6 millions d’abonnés à ce jour), dénonçant le comportement inapproprié de certains vidéastes qui «profitent de la vulnérabilité psychologique de jeunes abonnées pour obtenir des rapports sexuels». Noyées dans la masse de témoignages, ces accusations étaient restées lettre morte.

Six potentielles victimes interrogées par la justice

Le 8 juillet 2020, Maggie Desmarais, une fan québécoise âgée de 16 ans au moment des faits, l’accuse sur Instagram, captures d’écran de messages à l’appui, de l’avoir manipulée pour obtenir des photos et vidéos à caractère sexuel, envoyées par Snapchat, et d’avoir exercé une emprise psychologique en 2018. Lui avait alors 31 ans.

Après avoir déposé plainte à l’été 2020, elle a témoigné à visage découvert et en vidéo sur le site Urbania, où elle a évoqué un «petit jeu malsain d’attachement affectif. J’étais jeune, je l’admirais, je suis tombée facilement dans le panneau.» 

Elle annonçait aussi avoir été contactée par une trentaine de jeunes femmes ayant vécu une expérience similaire avec le youtubeur. Selon les informations de Libération, cinq autres potentielles victimes ont également été interrogées par la justice. A l’exception de Maggie Desmarais, toutes pourraient avoir subi un viol. Deux étaient mineures au moment des faits.

Le Youtubeur Le Roi des Rats, spécialisé dans les longues vidéos d’enquêtes sur Youtube, les réseaux sociaux et la géopolitique, a publié un long entretien de 40 minutes avec six des victimes présumées de l’affaire Norman, ce mardi 6 novembre, à 18 heures.

En préambule, Le Roi des Rats met en garde les spectateurs et explique les raisons qui l’ont poussé à faire cette vidéo : “Le but de cette vidéo est un but préventif. Cette vidéo n’est faite un aucun cas fait pour créer du harcèlement envers Norman Thavaud, ses proches et sa famille. On peut voir qu’un schéma très classique se dessine, pour des personnes qui ne se connaissaient absolument pas. Les filles sont anonymes. Ce sont seulement les témoignages que j’ai pu recueillir moi-même.”

Le début des conversations sur Snapchat

La plupart des plaignantes étaient mineures au moment des faits et Norman avait entre 25 et 30 ans. “J’avais 16 ans quand j’ai commencé à parler avec lui. Lui, il avait 30 ans. Tout a commencé sur Snapchat en octobre 2017. On s’est parlé pendant neuf mois”, raconte Maggie Desmarais, qui avait déjà témoigné en 2018, au moment du mouvement #BalanceTonYoutubeur. Selon les jeunes femmes, le Youtubeur les redirigeait sur un compte snapchat privé : “NonoSuperSecret”.

Après une première période d’échange cordiale, plus ou moins longue, toutes racontent que le vidéaste au près de 12 millions d’abonnés leur aurait demandé des photos. “Il était très très gentil au début. À force qu’il insiste, je lui ai envoyé une photo de moi où j’étais en soutif. […] Il m’a répondu : “la prochaine photo sans soutif, puis sans culotte.” “, détaille une autre.

L’usage de la notoriété

Les victimes présumées décrivent qu’elles hésitaient ou qu’elles ne souhaitaient pas envoyer des photos dénudées. L’homme âgé de 35 ans les aurait alors menacées de tout arrêter, en usant de sa notoriété. “Quand je lui disais non, la plupart du temps, il argumentait : “Mais c’est parce que tu es un bébé” ou “ça veut dire que tu ne m’aimes pas spécialement.” Après un an, j’ai décidé de stopper notre relation et il m’avait dit que j’allais regretter”, dévoile une des victimes présumées qui n’avait que 17 ans au moment des faits.

Elles racontent qu’après cette période d’échange par Snapchat, le YouTubeur leur proposait de venir chez lui sur Paris, en ajoutant parfois qu’il voulait leur faire rencontrer ses parents pour démontrer que la relation était sérieuse. Il aurait embrassé certaines d’entre elles dès leur première rencontre. “On a été à l’hôtel. On s’est posés sur son lit. On n’a même pas choisi un film qu’il m’a direct embrassé”, confesse l’une des plaignantes.

Des rapports sexuels 

Une autre ajoute qu’il lui a été demandé “de dire bonjour à son pénis, dès le pas de la porte”. Après les premiers échanges en face-à-face, la fin serait souvent la même : le rapport sexuel.

Une autre jeune femme décrit : “C’était mon premier rapport. J’avais insisté que je n’étais pas sous contraceptif. Il m’a fait comprendre dans ses gestes qu’il voulait une fellation. Sauf que moi, j’ai bloqué. Je lui ai dit : “comme c’est la première fois, pas cette fois, la prochaine fois”. Il s’est redressé et il m’a dit : “Je ne sais même pas pourquoi je t’ai fait monter sur Paris. Tu m’as trop prise pour un con. Tu ne m’aimes pas.” Sur le coup je lui ai dit : “Ah non, je t’aime. Ok, je le fais.” On a eu un rapport. Il a utilisé un préservatif, mais je me suis rendu compte qu’il avait fini sans le préservatif. Il m’a dit : “j’ai fini dans les draps.” Sauf que j’ai senti qu’il n’avait pas fini dans les draps. Je lui ai fait la remarque, il m’a dit : “tu étais juste vachement mouillée” et d’aller prendre la pilule du lendemain.” “

Certaines des victimes présumées témoignent d’ “éjaculation dans la bouche non consentie” ou de “violence”.

Mises à la porte

Après le rapport sexuel, les plaignantes affirment que le Youtubeur les aurait poussées vers la porte en prétextant un appel important, avant de diminuer les contacts par message avec elles. Dans d’autres cas, il aurait accepté de les laisser dormir chez lui. “Il a fini par accepter pour que je dorme chez lui, parce que mon auberge de jeunesse était fermée. Il a accepté à condition que je dorme sans haut et il en a profité pour toucher mes seins”, raconte une des femmes au Roi des Rats.

Les victimes présumées soulignent qu’elles possèdent un groupe de discussions. Maggie Desmarais ajoute, elle, que l’humoriste l’aurait dissuadé de parler au moment du mouvement #BalanceTonYoutubeur: “Il m’a réécrit au moment du tweet de Squeezie en août 2018, pour me dire de ne pas parler et que si je parlais ça allait ajouter encore plus de poids aux témoignages qui étaient déjà là.”

Pour l’heure, Norman Thavaud ne peut en aucun cas être considéré comme coupable en raison du principe de présomption d’innocence. Ce principe signifie qu’un individu, même suspecté de la commission d’une infraction, ne peut être considéré comme coupable avant d’en avoir été définitivement jugé comme tel par un tribunal.

La rédaction

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