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🔮 Prisons : 50 voir 80 dĂ©tenus en promenade “Que ferait la police si vous invitiez 50 amis chez vous?”

·La rĂ©daction ⏱ 3 min
🔮 Prisons : 50 voir 80 dĂ©tenus en promenade “Que ferait la police si vous invitiez 50 amis chez vous?” Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir

Une communication incomprĂ©hensible et incontrĂŽlĂ©e, face au coronavirus, les personnels pĂ©nitentiaires se sentent abandonnĂ©s, dans un milieu forcĂ©ment confinĂ©, les surveillants et les directeurs de l’administration pĂ©nitentiaire dĂ©noncent le manque de prĂ©paration et une communication chaotique de la part de leur hiĂ©rarchie.

Les prisons françaises vivent une pĂ©riode difficile depuis que le covid-19 sĂ©vit sur notre territoire et que le gouvernement a mis en place un confinement pour ralentir sa propagation. Des syndicalistes pĂ©nitentiaires se sont exprimĂ©s dans le HuffPost, “On nous a envoyĂ©s au front avec la fleur au fusil, mais pas le fusil”, dans les onze premiers jours du confinement, la consigne officielle au sein de l’administration pĂ©nitentiaire Ă©tait de dire que le masque Ă©tait inutile. Et interdit.

Face Ă  cette interdiction, de nombreux personnels, cadres comme surveillants, ont donc choisi de se procurer des masques et de les porter, de peur de contaminer leur famille en rentrant le soir. “On a Ă©tĂ© obligĂ©s de dĂ©sobĂ©ir Ă  notre hiĂ©rarchie”, glisse un surveillant. Des directeurs ont donc choisi d’outrepasser les directives nationales pour rassurer leurs Ă©quipes et Ă©viter que certains ne “dĂ©posent les clĂ©s”. L’un d’eux explique qu’en prison, “une fois que le virus est entrĂ©, c’est la catastrophe”.

Un surveillant explique au Huffpost que d’autres problĂšmes demeurent, notamment celui des promenades, qui s’effectuent encore Ă  50 voire 80 dĂ©tenus en fonction des Ă©tablissements. “Que ferait la police si vous invitiez 50 amis chez vous ?”,  “Tout ce qui s’applique Ă  l’extĂ©rieur devrait aussi s’appliquer en prison ! LĂ  on fait comme s’il n’y avait pas de covid-19
”

Un autre Ă©voque les problĂšmes liĂ©s aux extractions Ă  l’hĂŽpital, plusieurs fois par jour en France, des surveillants doivent accompagner des dĂ©tenus nĂ©cessitant des soins ou des procĂ©dures mĂ©dicales. Et notamment en ce moment d’ĂȘtre testĂ©s pour le covid-19, ce qui peut impliquer de dĂ©ambuler dans les couloirs d’unitĂ©s de rĂ©animation. Sauf que “contrairement Ă  la police, aux hĂŽpitaux ou aux pompiers, nous on n’a pas de blouse, pas de masque FFP2. On n’a rien”. Le surveillant explique un rĂ©cent transfert, “À l”hĂŽpital, les personnels soignants ont dĂ©visagĂ© de la tĂȘte aux pieds nos surveillants parce qu’ils n’avaient aucun Ă©quipement. Rendez-vous compte: le personnel soignant a dĂ» habiller le personnel pĂ©nitentiaire
 Ils ont hallucinĂ©â€.

Les personnels pĂ©nitentiaires se sentent une nouvelle fois abandonnĂ©s par le gouvernement, “On est la derniĂšre roue du carrosse de l’État. On est en temps de guerre et on ne nous Ă©coute pas. Comme d’habitude”. “Je n’ai jamais vu cela, jamais vu ce niveau de mĂ©contentement. Tous les collĂšgues sont Ă©cƓurĂ©s”. “Et la majoritĂ© disent que sans un geste trĂšs fort en matiĂšre de reconnaissance, d’indemnisation et de dĂ©cision statutaire, ils s’en iront”. “Je pense que l’aprĂšs-crise sera encore pire que la crise”.

La rĂ©daction ✓

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