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🩠 Coronavirus : Julie 16 ans est la plus jeune victime en France. Le tĂ©moignage bouleversant de sa maman

·La rĂ©daction ⏱ 3 min
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Samedi, Julie,16 ans  commence Ă  ressentir des essoufflements. « Pas Ă©norme, elle avait du mal Ă  reprendre son souffle », se souvient sa mĂšre. Puis viennent les quintes de toux, qui la poussent lundi Ă  conduire sa fille, sans problĂšme de santĂ© particulier, chez le mĂ©decin. LĂ , le gĂ©nĂ©raliste constate une dĂ©ficience respiratoire « acceptable ». Il dĂ©cide d’appeler le Samu, finalement ce sont les pompiers qui arrivent.

Combinaisons intĂ©grales, masques, gants, « c’est la 4e dimension », dit la mĂšre. Ils emmĂšnent la jeune fille, Ă©quipĂ©e d’un masque en papier sous son masque Ă  oxygĂšne, vers l’hĂŽpital le plus proche, Ă  Longjumeau, dans l’Essonne. Sabine rentre chez elle. Lorsqu’elle appelle l’hĂŽpital un peu plus tard, on lui parle d’un scanner, d’opacitĂ©s pulmonaires, « rien de grave ». Mais dans la nuit, Julie, en insuffisance respiratoire, est transfĂ©rĂ©e Ă  l’hĂŽpital Necker pour enfants, Ă  Paris. Deux autres tests au Covid-19 sont menĂ©s.

Julie est admise en rĂ©animation mardi. Quand elle vient rendre visite Ă  sa fille dans l’aprĂšs-midi, celle-ci est anxieuse, parle mais fatigue vite : « J’ai mal Ă  mon cƓur », dit-elle. Mais les rĂ©sultats aux deux derniers tests au covid-19 apportent de bonnes nouvelles : nĂ©gatifs. « On ouvre la porte de la chambre, les infirmiĂšres ne mettent plus de blouse, le mĂ©decin lĂšve le pouce pour me dire c’est bon », raconte Sabine. Julie semble avoir Ă©vitĂ© le pire.

Tard dans la soirĂ©e, un appel : le rĂ©sultat du premier test fait Ă  l’hĂŽpital de Longjumeau vient d’arriver, Julie est positive au covid-19 et son Ă©tat se dĂ©grade, elle doit ĂȘtre intubĂ©e. « On n’y croit pas. On se dit qu’ils se sont trompĂ©s. Et pourquoi ces rĂ©sultats arrivent aussi tard ? », se demande encore Sabine. « Depuis le dĂ©but, on nous dit que le virus ne touche pas les jeunes. On l’a cru, comme tout le monde », dit la sƓur aĂźnĂ©e de Julie, Manon.

Vers 0 h 30, un autre coup de fil : « Venez, vite ! ». « LĂ , j’ai paniquĂ©. Il y a des mots qui vous font comprendre », explique Sabine. Julie a Ă©tĂ© victime d’une forme sĂ©vĂšre du virus « extrĂȘmement rare » chez les jeunes.

Quand elle arrive Ă  l’hĂŽpital avec sa fille aĂźnĂ©e vers 1 h du matin mercredi, Julie est morte. Elle lui touche la main, « sa peau Ă©tait encore tiĂšde », se souvient-elle. Sa sƓur lui caresse le front. Et puis tout de suite, on leur explique qu’elles ne la reverront plus, le protocole en temps d’épidĂ©mie est strict.

Impossible aussi de rĂ©cupĂ©rer les affaires de la jeune fille, tout doit ĂȘtre brĂ»lĂ©. Par mesure de prĂ©caution, il n’y aura pas de cĂ©rĂ©monie, seulement dix personnes seront prĂ©sentes au cimetiĂšre. «On a dĂ» choisir parmi nos proches qui sera prĂ©sent », raconte Manon. « Le jour de son dĂ©cĂšs, on devait dĂ©jĂ  choisir un cercueil pour elle ».Ce cercueil devra rester fermĂ© et Julie « ne sera ni maquillĂ©e, ni habillĂ©e, on n’a pas le droit », explique sa sƓur.  Source Jean-Marc Morandini

 

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