đ«đ· Salon-de-Provence : Un surveillant tĂ©moigne, âon nous confie toujours plus de missions mais on nâaugmente pas nos salaires⊠Qui va vouloir faire surveillant de prison demain ?â
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe mĂ©tier de surveillant pĂ©nitentiaire ne peut pas se rĂ©sumer Ă ouvrir ou fermer des portes. En contact permanent avec la population pĂ©nale, il est le premier rempart et bien souvent, il en fait les frais. Un agent tĂ©moigne sous couvert dâanonymat.
âDe mĂ©moire, dans toute ma carriĂšre, je crois que je nâai jamais croisĂ© un collĂšgue qui mâa dit avoir fait ce mĂ©tier par vocation, Je crois quâau dĂ©part, on devient surveillant car nous avons besoin dâun travail et nous nous dirigeons vers la fonction publique. Ensuite on reste Parce que lâon a des factures Ă payerâ.
Ce nâest pas simple dâĂȘtre surveillant. Chaque jour, dans un vacarme si spĂ©cifique. pendant douze heures. Un surveillant qui fait bien souvent le travail de deux agents. Subir chaque jour des insultes. La crainte de se faire agresser avec un couteau ou une lame de rasoir comme Ă Arles, samedi dernier⊠pour un salaire de 1400⏠en dĂ©but de carriĂšre.
âNon, mais je passe quand mĂȘme de bons moments avec mes collĂšguesâ, rassure le surveillant qui exerce depuis une dizaine dâannĂ©es dĂ©jĂ son mĂ©tier dont quelques-unes passĂ©es en rĂ©gion parisienne.
Jeudi dernier, lâun de ses collĂšgues a Ă©tĂ© victime dâune agression de la part dâun dĂ©tenu. âCâest, je crois, de mĂ©moire, la troisiĂšme depuis le dĂ©but de lâannĂ©e. Câest de plus en plus frĂ©quentâ. Comme les projections de colis. âElles ont lieu le week-end. Le week-end dernier de mĂ©moire, nous en avons interceptĂ© troisâ. à lâintĂ©rieur, drogue, ââles rĂ©seaux quâils ne montent plus Ă lâextĂ©rieur, ils les font dedansââ tĂ©lĂ©phone portable et parfois des couteaux. âCâest ce qui nous fait le plus peur, de trouver une arme. Câest un risque majeur et lâon nâa toujours pas le droit de faire les fouilles au parloirâ. Depuis plusieurs annĂ©es, les agents attendent un filet anti-projection.
âJe crois que la population carcĂ©rale a franchi une Ă©tape. DĂ©jĂ , le dĂ©tenu nâa plus peur de venir en prison, comment voulez-vous quâil ait peur du surveillant. Câest le Club Med⊠BientĂŽt, il y aura les tĂ©lĂ©phones dans les cellules. Prochainement Ă Salon, lâunitĂ© de vie familiale va ouvrir, le dĂ©tenu pourra recevoir sa famille dans des sortes dâappartements. Puis, le dĂ©tenu a le droit de faire toute sorte dâactivitĂ©s, ce qui en soi est trĂšs bien car cela lâoccupe, mais il ne faut pas perdre de vue, non plus, la raison pour laquelle il est lĂ . Car la consĂ©quence de tout cela, câest que lorsque nous, nous disons ânonâ pour une raison ou une autre, le dĂ©tenu ne comprend pas. Cela gĂ©nĂšre du conflit et aprĂšs câest soit des agressions, soit des incendiesâŠâ
Pour gĂ©rer le quotidien, les surveillants avouent ne pas ĂȘtre en nombre suffisant. âIl manque une quinzaine de surveillantsâŠâ
Avec les opĂ©rations âmardi noirâ la mobilisation pour dĂ©noncer les conditions de travail sâintensifie. âIl est normal que lâon rĂ©clame davantage de sĂ©curitĂ© et une revalorisation de notre profession. Nous allons rĂ©cupĂ©rer les missions de police en assurant prochainement les extractions des dĂ©tenus, on nous confie toujours plus de missions mais on nâaugmente pas nos salaires⊠Qui va vouloir faire surveillant de prison demainâ, interroge le fonctionnaire⊠La Provence