đ«đ· Les dĂ©tenus de Nanterre ovationnĂ©s Ă la Maison de la PoĂ©sie
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De leur cellule Ă la maison dâarrĂȘt de Nanterre⊠à la scĂšne de la Maison de la PoĂ©sie, Ă Paris. Samedi soir, cinq dĂ©tenus sont montĂ©s sur les planches de cette salle du IIIe arrondissement de Paris, pour un concert public devant prĂšs de 200 personnes avec les 14 musiciens de lâorchestre Ping Machine.
Les cinq hommes bĂ©nĂ©ficiaient dâune autorisation de sortie exceptionnelle. Ils nâont pu rĂ©pĂ©ter quâune seule fois avec les musiciens, dans lâaprĂšs-midi. Sur scĂšne, ces dĂ©tenus ont lu un texte, Ă©crit de leur main, accompagnĂ©s par la musique de lâorchestre.
Premier Ă apparaĂźtre face au public, Sof*, 34 ans, a bluffĂ© lâauditoire par sa voix grave, posĂ©e, puissante. Son texte rĂ©sonne comme dans un slam : « Câest comme un premier rendez-vous [âŠ] Il nây a quâĂ espĂ©rer. » Un Ă un, ces artistes dâun soir se relaient. Comme pour boucler la boucle, Sof est le dernier sur scĂšne lorsque la musique cesse, aprĂšs plus dâune heure de concert.
« Bravo pour votre investissement, votre courage »
Les applaudissements sont nourris. Le public se lĂšve. FrĂ©dĂ©ric Maurin, le fondateur de Ping Machine, prend la parole : « Nous sommes trĂšs Ă©mus par ce que vous venez de faire », souffle-t-il. « Bravo pour votre investissement, votre courage. Vous pouvez ĂȘtre fiers de vous. Monter sur scĂšne nâĂ©tait vraiment pas Ă©vident, mais vous lâavez fait, et bien fait », embraye Flora Defolny, directrice pĂ©nitentiaire dâinsertion et de probation Ă Nanterre.
DĂšs sa sortie, Sof ne masquait pas son soulagement : « JâapprĂ©hendais beaucoup. Jâai failli tomber dans les pommes (rires). Mais une fois quâon y est, on nây pense plus, ça dĂ©roule. On ne se sent plus dĂ©tenu le temps dâune soirĂ©e. On se sent un peu artistes. »
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