đ«đ· Troyes: IngĂ©rable le dĂ©tenu change 36 fois de cellule
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirKamil Albar est bĂšgue et cela complique sĂ©rieusement le dialogue au tribunal de Troyes. La prĂ©sidente lui demande de sâexprimer lentement afin de pouvoir comprendre ses propos.
Kamil Albar nâest pas impressionnĂ©, agĂ© de 45 ans, ce Franco-Turc affiche dĂ©jĂ 29 mentions Ă son casier judiciaire pour violences, vols, escroquerie sur personne vulnĂ©rable ainsi que de multiples infractions routiĂšres (conduite sans permis, dĂ©lit de fuite, etc.)
Ce vendredi 8 dĂ©cembre, câest pour violences et outrages sur personnes dĂ©positaires de lâautoritĂ© publique quâest entendu le quadragĂ©naire. Trois surveillants pĂ©nitentiaires.
Le 2 novembre dernier, le dĂ©tenu incarcĂ©rĂ© Ă la maison dâarrĂȘt de Troyes force le passage pour sâextirper de sa cellule : « Vous saisissez alors un surveillant par le col quand il vous demande de rĂ©intĂ©grer votre cellule  », dĂ©roule la prĂ©sidente.
Lâhomme rĂ©pond âCâest totalement faux. Je ne peux pas avoir fait cela, câest incompatible avec mon handicapâ.
Le 9 novembre, le dĂ©tenu placĂ© au quartier disciplinaire demande du tabac, sâimpatiente, sâagace et finit par insulter et menacer de mort un surveillant, puis le directeur de la prison.
Vous le menacez en disant : âJe vais buter un de tes agents. Le premier qui passe la porte, je lâĂ©gorge.â Le mĂȘme jour, lâinfirmiĂšre vient vous rendre visite et vous la recevez avec ces mots : âCasse-toi avec ton petit sourire de connasse, je mâen bas les c⊠de ta gueule, tu ne sers Ă rienâ, relate la prĂ©sidente.
Debout dans le box, lâaccusĂ© rappelle quâil sâest excusĂ© auprĂšs du directeur, reconnaĂźt lâoutrage Ă lâadministration pĂ©nitentiaire, mais pas Ă lâinfirmiĂšre : « Je ne vois pas pourquoi jâaurai dit ça. Je lui ai juste dit quâelle avait un sourire hypocrite. LâaccusĂ© nie, se pose en victimeâŠ
Me Rocher, lâavocat des trois surveillants dĂ©nonce le statut de victime de lâaccusĂ© : âCâest de la faute de tout le monde. Jamais la sienne. Quand on parle de dĂ©tenus ingĂ©rables, celui-lĂ arrive en tĂȘte de wagon. Il crĂ©e des problĂšmes quotidiens Ă une administration pĂ©nitentiaire lassĂ©e. Il arrive mĂȘme Ă se mettre Ă dos ses codĂ©tenus. Il a changĂ© trente-six fois de cellule. Je nâai jamais vu ça.â
âFauxâ, rĂ©torque lâaccusĂ© qui dit avoir Ă©tĂ© âtabassĂ©â par dâautres dĂ©tenus. « Je nâai changĂ© que treize fois de cellule.
Kamil Albar est finalement condamnĂ© Ă dix mois de prison ferme, et devra payer la somme de 150 euros Ă lâinfirmiĂšre.
LâEst Ăclair