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đŸ‡«đŸ‡· Le renseignement pĂ©nitentiaire ouvre ses portes pour la premiĂšre fois

·La rĂ©daction ⏱ 4 min
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Il y a un mois, les autoritĂ©s ont rĂ©ussi Ă  stopper Ă  temps un projet d’attentat fomentĂ© par deux dĂ©tenus depuis leur cellule Ă  Fresnes. Des dĂ©tenus qui Ă©taient sur le point d’ĂȘtre libĂ©rĂ©s. Des arrestations qui ont rappelĂ© Ă  quel point la prison est un lieu stratĂ©gique dans la lutte contre le terrorisme.

Et pourtant il y a encore un an, le bureau central du renseignement pĂ©nitentiaire n’existait pas. Les attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre ont Ă©tĂ© un Ă©lectrochoc. Le gouvernement s’est donc lancĂ©, un peu Ă  marche forcĂ©e, dans la construction d’un vrai rĂ©seau structurĂ©. Depuis, le renseignement pĂ©nitentiaire a rejoint officiellement “la cour des grands”, en intĂ©grant “le deuxiĂšme cercle de la communautĂ© française du renseignement et en devenant un interlocuteur indispensable pour d’autres services comme la DGSI par exemple. RTL a pu rencontrer en exclusivitĂ© ces agents de l’ombre.

Premier rendez-vous au Bureau Central du Renseignement pĂ©nitentiaire (BCRP) Ă  Paris. Ici, on traque les Ă©vasions, on suit de trĂšs prĂšs tout ce qui est criminalitĂ© organisĂ©e. Mais ce qui occupe les agents jour et nuit, c’est surtout le terrorisme islamiste.

Le renseignement pĂ©nitentiaire suit 3.000 personnes, 3.000 “cibles” dans toute la France. Sur ces 3.000, 500 sont poursuivis ou dĂ©tenus pour des faits de terrorisme et 1.150 autres sont jugĂ©s “radicalisĂ©s”, certains susceptibles de passer Ă  l’acte.

Il y a donc urgence Ă  ce qu’il y ait une “continuitĂ©â€ dans la surveillance de ces personnes, avant, pendant, et aprĂšs la dĂ©tention. Ce qui n’était pas vraiment le cas, il y a encore peu de temps reconnaĂźt la cheffe du bureau central : “Auparavant, le temps de la dĂ©tention, c’était un moment qui Ă©tait quasiment aveugle pour les services partenaires. On ne savait pas trop ce qu’était devenu l’individu, comment il avait Ă©voluĂ© au sein de la dĂ©tention, qui il avait frĂ©quentĂ©, avec qui il avait Ă©tĂ© placĂ© en cellule, et si au moment de sa libĂ©ration, il prĂ©sentait toujours une menace ou non”.

DĂ©sormais, le renseignement pĂ©nitentiaire travaille donc d’égal Ă  Ă©gal avec les autres services, la DGSI ou les renseignements territoriaux par exemple, pour que la prison ne soit plus un angle mort.

C’est l’un des “chantiers prioritaires” ici, quand on sait que dans 2 ans, plus de 60% des individus condamnĂ©s depuis 2013 dans des dossiers terroristes liĂ©s aux filiĂšres djihadistes en Syrie et en Irak auront purgĂ© leur peine.

Toutes les personnes qui travaillent ici sont habilitĂ©es “secret dĂ©fense”. Pour des raisons Ă©videntes de sĂ©curitĂ© nous ne pourrons pas dire leur nom. Mais leur profil en dit long sur la professionnalisation de ce service. Il y a encore deux ans, ce Bureau se rĂ©sumait Ă  une seule personne. Depuis, des analystes ont Ă©tĂ© recrutĂ©s, des traducteurs arabophones, mais aussi des informaticiens : deux “analystes veilleurs” qui travaillent en source ouverte sur les rĂ©seaux sociaux et deux “investigateurs numĂ©riques” chargĂ©s d’explorer notamment les disques durs des dĂ©tenus. “LĂ  par exemple, c’est un son qui a Ă©tĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© sur l’ordinateur d’un dĂ©tenu. C’est l’hymne de l’État islamique. C’est un indice parmi d’autres. Il faut qu’on ait une multitude de signaux pour aller vers l’accrĂ©ditation d’un niveau de radicalisation”, explique l’un d’eux au micro de RTL.

La source d’information numĂ©ro 1 reste le terrain. Dans chaque prison, un surveillant est chargĂ© de collecter en secret tout ce que lui rapporte ses collĂšgues, autant de prĂ©cieux “capteurs locaux”. Les informations sont ensuite triĂ©es au niveau rĂ©gional, puis analysĂ©es et synthĂ©tisĂ©es.

Depuis un an, le renseignement pĂ©nitentiaire a le droit d’utiliser certaines techniques d’espionnage ultra Ă©laborĂ©es. Des agents peuvent par exemple poser discrĂštement au sein de la dĂ©tention ce qu’on appelle un IMSI-catcher, un appareil capable d’aspirer toutes les donnĂ©es des tĂ©lĂ©phones portables dans un pĂ©rimĂštre donnĂ©. Mais l’État major en est encore Ă  Ă©valuer les besoins. Pour le moment, selon nos informations, aucune commande n’a Ă©tĂ© lancĂ©e.

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