Photo de montagne

🇫🇷 Seysses, les portables font la loi en prison ! 1.000 saisies chaque année !

Un millier de téléphones portables sont saisis chaque année à la maison d’arrêt de Seysses où ils servent à contrôler les trafics et à menacer les familles de co- détenus ou de comparses pas assez dociles.
Les surveillants les appellent les «projeteurs». De jour comme de nuit, ces parents ou amis de détenus franchissent, en suivant à pied le cours de la Saudrune, les quelques centaines de mètres qui séparent les courts de tennis de l’enceinte de la maison d’arrêt de Seysses. Parvenus au pied du glacis situé à l’aplomb d’une des deux cours de promenade, ils jettent par-dessus l’enceinte le «colis» destiné à un détenu. Il s’agit parfois d’un morceau de shit, d’un peu d’alcool dans une bouteille plastique de type yaourt à boire, d’un Opinel et le plus souvent d’un téléphone portable. Ensuite la procédure est bien réglée. Un détenu désigné pour faire la mule récupère le colis lors de la promenade et le remet discrètement à son destinataire qui a passé commande via son téléphone portable. À l’intérieur de la prison, les portables court-circuitent les parloirs et imposent désormais leur logique du temps réel. Chaque année, environ un millier de téléphones sont saisis et aussitôt remplacés par de nouveaux arrivages. «Celui qui purge une peine, s’il a un business dehors, continue de l’exercer avec son téléphone», explique Nicolas François secrétaire local du syndicat pénitentiaire des surveillants à Seysses.
Les téléphones sont aussi devenus les nouveaux vecteurs de la loi carcérale. Depuis sa cellule, un caïd n’hésite plus à menacer directement la famille d’un rival ou d’un comparse qui lui doit de l’argent. «Au cours du grand week-end du 15 août, un détenu s’est fait casser la mâchoire parce que son frère doit des comptes à des gars à l’extérieur. Pour lui mettre la pression ils ont fait faire le travail depuis l’intérieur», poursuit le surveillant. Plus besoin désormais d’attendre les parloirs hebdomadaires pour faire passer l’information. La porosité entre la maison d’arrêt et l’extérieur est désormais totale comme en témoignent les récentes bagarres qui ont éclaté après les règlements de compte mortels à la Reynerie et à Bagatelle. Sous le regard impuissant du personnel, l’omniprésence des portables aggrave encore les tensions liées au trafic endémique du shit : en mars dernier deux surveillants qui venaient d’intercepter un téléphone ont été blessés.
Depuis la mise en place de grillages de protection en janvier 2015 la taille des colis projetés a diminué, mais les téléphones de plus en plus miniaturisés continuent de tomber du ciel. «Une fois arrivés dans les cellules où les détenus sont souvent trois, même si on les découvre, ils n’appartiennent plus à personne,», ironise un surveillant. Pour Nicolas François, seule une fouille générale permettrait peut-être de calmer le jeu. «Mais l’opération est très coûteuse et l’administration s’y refuse», regrette-t-il. Une opération coup de poing de ce type risquerait également de remettre en cause le fragile équilibre d’une prison surpeuplée où les personnels ne cessent de réclamer des renforts.
Silence de la Garde des sceaux après l’appel au secours des gardiens
Dans une lettre ouverte adressée à la garde des Sceaux Nicole Belloubet à la suite de trois agressions survenues en mars dernier, l’intersyndicale SPS, FO, Ufap, met en garde la ministre face au surpeuplement de la prison et l’insuffisance des effectifs qui contraint, au mépris des règles de sécurité, à faire effectuer par un seul surveillant des tâches dangereuses qui nécessitent un travail en binôme. Dans ce courrier les syndicats de surveillants qui affirment partager le même constat alarmant avec leur direction demandent la création urgente de 21 postes afin de faire face à la réalité quotidienne de la maison d’arrêt. Posté le 29 juin, cette lettre ouverte n’a pour le moment suscité aucune réponse de la ministre.
Le chiffre : 1 120 détenus > pour 670 places. Le 2 mai 2017, les avocats du barreau de Toulouse ont rédigé une motion pour dénoncer la surpopulation chronique depuis 2012 à la maison d’arrêt de Seysses. Plus de 120 détenus dormaient alors sur des matelas posés à même le sol et l’incarcération individuelle qui devait être la norme lors de l’ouverture de l’établissement en 2003 était réservée aux seuls prisonniers nécessitant des conditions de détention spéciales. Les difficultés engendrées par cette promiscuité s’ajoutent à un déficit d’effectifs qui contraint les gardiens à surveiller seuls des étages où cohabitent 110 détenus.
La depeche

N’hésitez pas à commenter nos articles ! Vous pouvez également nous soutenir par un don en cliquant ici ! C’est votre soutien qui nous permettra de continuer à vous informer et à soutenir les Forces de l’Ordre. (sans votre aide, nous disparaîtrons) MERCI !

⬇️ COMMENTER ⬇️

⬇️ SOUTENIR ⬇️

Inscrivez-vous et recevez nos emails

Faire un SIMPLE Don

Sans votre aide, nous disparaîtrons ! MERCI de nous aidez à vous informer !

Faire un DOn mensuel