đ«đ· 17 000 dĂ©tenus en France âprĂ©sentent des troubles et maladies psychiatriquesâ
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirEnviron 17 000 dĂ©tenus, sur prĂšs de 70 000 personnes incarcĂ©rĂ©es en France, ârelĂšveraient de lâhospitalisation et non pas de la dĂ©tentionâ. Câest le constat sans appel que fait François BĂšs, coordinateur de lâObservatoire international des prisons : âplus dâun gros quart des dĂ©tenus prĂ©sentent des troubles et des maladies psychiatriques graves.â
Et ce chiffre est en constante augmentation car âle nombre de personnes dĂ©clarĂ©es irresponsable a Ă©tĂ© divisĂ© par dix en vingt ans, prĂ©cise François BĂšs. DâoĂč lâengorgement des prisons avec des personnes qui sont malades psy.â La prĂ©sence de mĂ©decins en prison expliquerait en partie ce phĂ©nomĂšne des deux derniĂšres dĂ©cennies selon Cyrille Canetti, psychiatre qui travaille depuis plus de vingt ans en milieu carcĂ©ral : âlâorganisation des soins en prison a fait en sorte quâon se dise quâon peut les y mettre puisquâil y a des soignantsâ dit-il.
Aucune étude réalisée depuis 2004
Le psychiatre ajoute Ă©galement avoir rencontrĂ© au cours de sa carriĂšre, des magistrats recommandant le maintien en prison de certains dĂ©tenus en raison de sa prĂ©sence. âCâest une hĂ©rĂ©sie, regrette-t-il. Jamais une prison ne peut ĂȘtre un lieu de soins. Jamais les murs de la prison ne peuvent se substituer aux murs de lâhĂŽpital.â En 2016, lâONG Human Rights Watch avait dĂ©noncĂ© la âdouble peineâ infligĂ©e aux personnes incarcĂ©rĂ©es et souffrant de troubles psychiques.
Depuis 2004, aucune Ă©tude prĂ©cise sur la santĂ© des dĂ©tenus nâa Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e en France. Un rapport publiĂ© fin juillet par la ContrĂŽleuse gĂ©nĂ©rale des prisons, Adeline Hazan, pointe du doigt la maison dâarrĂȘt de ChĂąteau-Thierry. Ce centre pĂ©nitentiaire pour personnes âinadaptĂ©es Ă la dĂ©tention ordinaireâ est accusĂ©e dâaccueillir les dĂ©tenus dans des conditions indignes, avec des injections forcĂ©es, un exercice de la psychiatrie âplus coercitif que soignantâ ou encore cellules jonchĂ©es dâorduresâŠ
Un problĂšme global
La question de la santĂ© mentale en milieu carcĂ©ral toucherait donc tout le milieu pĂ©nitentiaire français. Mais pas seulement, puisque le problĂšme se poserait Ă©galement, selon une source proche du dossier, pour une partie des 90 000 personnes condamnĂ©es Ă la prison en attente de lâexĂ©cution de leur peine. Ă noter quâun dĂ©tenu coĂ»te Ă lâEtat environ 100 euros par jour, soit quatre Ă cinq fois moins que dans un Ă©tablissement spĂ©cialisĂ©. Quant Ă la surpopulation carcĂ©rale, elle atteignait des sommets lors du dernier bilan le 1er mars 2017 : la France comptait alors 69 430 dĂ©tenus pour 59 664 places, soit un taux dâoccupation de 118 % (140 % en maisons dâarrĂȘt). 15 000 nouvelles places de prison devrait ĂȘtre créées Ă lâhorizon 2025.
France Inter