đ«đ·AnnĆullin: Des surveillants menacĂ©s par un fanatique religieux
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLe dĂ©cor est plantĂ© dĂšs les premiers pas dâI. A. dans le box. Le masque chirurgical barrant la bouche de ce maigrelet de 27 ans ne lâempĂȘche en rien de sâexprimer. « Je suis obligĂ© dâĂȘtre lĂ ?, sâexcite le prĂ©venu. Je suis vraiment forcĂ© dâĂȘtre ici ? » Parmi les quatre gendarmes chargĂ©s de sa surveillance, trois, le visage protĂ©gĂ© par une cagoule, le serrent dâun peu plus prĂšs. Le prĂ©sident Marc TrĂ©vidic tente dâengager une conversation avec ce garçon aux cheveux longs et Ă la barbe fournie. AussitĂŽt, I. A. tourne le dos aux magistrats et maugrĂ©e entre ses dents : « Kofar ! » (MĂ©crĂ©ant). Lâan dernier, un tribunal parisien a condamnĂ© ce natif de Somain, dans le Douaisis, Ă six ans de prison pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
Ă ses surveillants, il aurait lancĂ© : « Je vais tâĂ©gorger toi et ta famille ! » Impossible dâen discuter avec le suspect.
Plusieurs gardiens de la prison dâAnnĆullin accusent I. A. de les avoir insultĂ©s et menacĂ©s. Si ce dĂ©tenu trĂšs particulier est affublĂ© dâun masque en papier, câest visiblement pour lâempĂȘcher de cracher sur ses interlocuteurs. Ă ses surveillants, il aurait lancĂ© : « Je vais tâĂ©gorger toi et ta famille ! » Impossible dâen discuter avec le suspect. Ce dernier a droit Ă un dĂ©lai pour prĂ©parer sa dĂ©fense. « Voulez vous ĂȘtre jugĂ© aujourdâhui ou plus tard ? », interroge TrĂ©vidic, ancien juge spĂ©cialisĂ© dans le terrorisme. Silence. « Souhaitez-vous un report ? », insiste le magistrat. La tenue sombre de I. A., sa criniĂšre tĂ©nĂ©breuse en font un sosie presque parfait de Che Guevara.
« Mon pĂšre, câest Ben Laden ! »
« Vous ĂȘtes en rupture familiale, dĂ©plore le prĂ©sident. Votre pĂšre vous a Ă©crit. »« Mon pĂšre, câest Ben Laden ! », le coupe le barbudo, dĂ©fendu par Bertrand Bauchot. « Votre pĂšre a 73 ans, le tance TrĂ©vidic. Et en plus, il est trĂšs malade. Le respect fait partie de lâislam ! » « Non, mĂ©crĂ©ant ! », aboie de nouveau I. A. avant dâĂȘtre entraĂźnĂ© par son escorte jusque dans les sous-sols du palais de justice. Ă chacun sa descente aux enfers. De facto, le procĂšs est reportĂ©.
La voix du nord