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đŸ‡«đŸ‡·Ensisheim, prison de plusieurs tueurs en sĂ©rie: Heaulme, Fourniret et Guy Georges

·La rĂ©daction ⏱ 3 min
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A Ensisheim, certains sont enfermĂ©s depuis plus de vingt ans. Parmi la dizaine d’établissements pĂ©nitentiaires français Ă  accueillir des dĂ©tenus condamnĂ©s pour de longues peines, la maison centrale alsacienne, qui vient de connaĂźtre une nouvelle prise d’otage, a la rĂ©putation d’hĂ©berger plusieurs tueurs en sĂ©rie.

C’est dans le Haut-Rhin que sont ainsi emprisonnĂ©s Francis Heaulme, Michel Fourniret ou Guy Georges. « C’est un profil des dĂ©tenus d’Ensisheim, parce qu’on a Ă©galement eu des terroristes basques, corses ou d’ Action directe, complĂšte David Daems, surveillant entre 2001 et 2007. Mais aussi des figures du grand banditisme ou d’autres meurtriers. »

Un peu moins de 200 détenus, dont des violeurs ou des tueurs en série

« Ce n’est pas le seul cas de figure, mais pas mal de gens sont effectivement lĂ  pour des crimes sexuels et de sang, c’est d’ailleurs le profil de deux des trois preneurs d’otage », confirme le procureur de la RĂ©publique de Colmar, Christian de Rocquigny. Un peu moins de 200, les dĂ©tenus d’Ensisheim sont forcĂ©ment gardĂ©s sous haute sĂ©curitĂ©.

« La plupart ont des annĂ©es de boutique derriĂšre eux, au sein de diffĂ©rentes structures », ajoute David Daems, secrĂ©taire national du syndicat Force OuvriĂšre des personnels de surveillance. CondamnĂ©es pour cinq ans au minimum et parfois Ă  perpĂ©tuitĂ©, les personnes emprisonnĂ©es Ă  Ensisheim sont pourtant loin d’ĂȘtre les plus agitĂ©es.

Les prisons longues peines pourtant plus calmes que les autres

« Ce sont des Ă©tablissements extrĂȘmement calmes d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, complĂšte ce gardien dĂ©sormais en rĂ©gion parisienne. En majoritĂ©, ils veulent faire leur peine sans aller au-delĂ  et se projettent assez loin. Ils sont moins impulsifs, moins bruyants. Il n’y a pas ou peu d’incidents. Mais quand il y en a, ils sont en revanche plus importants ! »

Leurs profils demandent une prise en charge particuliĂšre. Sans surpopulation, avec des cellules quasiment toutes individuelles et des moments collectifs – promenades, activitĂ©s ou travail – en plus petits groupes. « Cela implique notamment un plus grand questionnement sur leur Ă©volution psychique », illustre encore le procureur.

« Dimanche, un binĂŽme de deux gardiens aurait pu permettre d’éviter ça »

De par son histoire et ses structures anciennes, Ensisheim accueille donc des dĂ©tenus Ă  risque et parfois vulnĂ©rables, mais pas les plus dangereux du cĂŽtĂ© des tentatives d’évasion. « Parce qu’ils n’ont pas trop de rĂ©seau extĂ©rieur », justifie David Daems, venu sur place cette nuit pour venir soutenir ses collĂšgues marquĂ©s par la prise d’otage.

C’est la quatriĂšme depuis 2010, moins d’un an aprĂšs celle d’un psychologue par un dĂ©tenu condamnĂ© entre-temps Ă  huit ans de prison supplĂ©mentaires. « Les collĂšgues se sentent abandonnĂ©s par l’administration, rebondit le syndicaliste. La plupart ont connu les quatre. A chaque fois, le garde des Sceaux a fait des promesses, mais on n’a rien vu venir. »

Au nombre de 120 pour 200 dĂ©tenus, les surveillants d’Ensisheim ne s’estiment pas forcĂ©ment assez bien lotis en cas de crise. « Il faudrait doubler les Ă©tages pour permettre des interventions plus rapides, car les 20 premiĂšres secondes sont dĂ©terminantes, estime David Daems. Dimanche, un binĂŽme aurait peut-ĂȘtre pu permettre d’éviter ça. »

20 minutes

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