📰 L'actualitĂ© des forces de l'ordre
Actu Forces de l'OrdreACTU Forces de l'Ordre
Pénitentiaire

đŸ‡«đŸ‡· Versailles : Ă  la prison des femmes, la musique adoucit les murs

·La rĂ©daction ⏱ 3 min
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir

Une toile du street-artiste C215 modernise un peu l’atmosphĂšre de ce grand hall froid aux Ă©paisses portes de bois, toutes dotĂ©es d’un Ɠilleton et de trois lourds verrous. Les artistes ont pris place juste devant ce mardi aprĂšs-midi, Ă  cĂŽtĂ© du bureau de la surveillante et face Ă  une quinzaine de dĂ©tenues de la maison d’arrĂȘt des femmes de Versailles. Une guitare sĂšche et un micro branchĂ©s sur un ampli posĂ© sur une corbeille Ă  linge Ă  l’envers : depuis dix ans, « le jazz se glisse entre les barreaux et fait tomber les murs des prisons, le temps d’un concert ». C’est l’incursion en banlieue du Festival de Jazz de Saint-Germain-des-PrĂ©s et de Kicca, son artiste coup de cƓur de cette 17e Ă©dition.
Kicca et le guitariste HervĂ© Samb se lancent. La musique s’élĂšve dans le puits de lumiĂšre et baigne les coursives. Petite et menue, la chanteuse aux airs de Uma Thurman Ă©tonne par sa voix qu’elle pousse aussi bien dans les graves que les aigus. Peu Ă  peu, les pieds battent timidement la mesure, les Ă©paules se balancent, les tĂȘtes dodelinent. Lorsque le duo reprend des standards en anglais, en particulier sur « Hit the road, Jack ! » de Ray Charles, l’interaction avec le public fait oublier les murs. Ou presque. « Ça fait du bien, je me sens un peu libĂ©rĂ©e », sourit Brigitte * avant d’ĂȘtre rattrapĂ©e par sa rĂ©alitĂ©. « Ça me rend un peu triste aussi, car ça me rappelle quand je pouvais aller voir des concerts dans des pubs, passer des soirĂ©es entre amis en musique », confie dĂ©tenue de 56 ans, qui « aime mieux le jazz que le rap grossier qu’on doit entendre parfois », prĂ©cise celle qui partage sa cellule avec cinq femmes de 20, 25, 46, 49 et 59 ans.
Ce mardi, parmi les dĂ©tenues assises bien droites, quatre par banc, une seule s’est levĂ©e pour danser quelques secondes. Brigitte aurait bien aimĂ© se dĂ©hancher un peu, « comme avant », mais elle « n’a pas osĂ© ». Peut-ĂȘtre pour le prochain Ă©vĂ©nement du genre. « On n’en accueille pas souvent, mais rĂ©guliĂšrement », souligne une surveillante. Des moments importants pour les dĂ©tenues pour « rester Ă  la page » comme dit Brigitte, mais aussi pour le travail de rĂ©insertion qui tient aussi Ă  cƓur au personnel de la maison d’arrĂȘt qui apprĂ©cie cette « petite structure, Ă  taille humaine ».

« J’espĂšre qu’on vous a apportĂ© un peu de bonheur et d’air frais », lance Ă  la fin du concert HervĂ© Samb, « toujours touchĂ© par ces rencontres ». « Quand on sort d’ici, je me pose plein de questions, assure-t-il. On a tendance Ă  penser que le mal est dedans, le bien dehors alors que tout n’est pas binaire. Les gens ont souvent atterri ici aprĂšs des accidents de la vie. Ils ont une dette envers la sociĂ©tĂ©, certes. Mais ils ont aussi droit Ă  ce qu’on leur apporte. »

* Son prénom a été modifié

Le Parisien

La rĂ©daction ✓

Actu Forces de l'Ordre suit et vérifie l'actualité de la police, de la gendarmerie, de la justice et des faits divers en France, à partir de sources officielles et de médias reconnus.

← Plus d'actualitĂ©s PĂ©nitentiaire
đŸ›Ąïž Espace modĂ©rĂ© : chaque commentaire est validĂ© manuellement avant publication. Les liens ne sont pas autorisĂ©s. Restons courtois et sans spam.

Laisser un commentaire