đ«đ·Prison: Renseignement. Les dĂ©tenus seront plus âsurveillĂ©sâ
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirEcoutes, gĂ©olocalisation, recueil de donnĂ©es: deux dĂ©crets parus vendredi au journal officiel donnent Ă lâadministration pĂ©nitentiaire accĂšs Ă de nouveaux outils de renseignement pour lutter contre le terrorisme et prĂ©venir les projets dâĂ©vasion.
Ces deux décrets découlent notamment de la loi de 2016 contre le crime organisé et le terrorisme qui a fait entrer les services pénitentiaires dans le second cercle du renseignement français. Ils se fondent également sur des textes régissant la sécurité pénitentiaire qui vise à prévenir les évasions, à maintenir la sécurité et le bon ordre des établissements.
Sur ces deux fondements, des agents pénitentiaires désignés pourront désormais et sous conditions recourir à certaines techniques de renseignement.
Des écoutes à titre exceptionnel
Parmi ces techniques figurent le recueil de donnĂ©es de connexion (les fadettes), la gĂ©olocalisation, le balisage et les Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques de tĂ©lĂ©phones fixes mis Ă disposition des dĂ©tenus mais aussi des tĂ©lĂ©phones portables introduits illĂ©galement dans les cellules, notamment Ă lâaide dâIMSI catcher qui simule une fausse antenne relais.
Ces techniques de renseignement permettront aussi Ă lâadministration pĂ©nitentiaire de pister dâĂ©ventuelles connexions sauvages sur les ordinateurs mis Ă la disposition des dĂ©tenus mais dont lâaccĂšs Ă internet est inexistant ou trĂšs limitĂ©.
Les Ă©coutes tĂ©lĂ©phoniques ne seront permises que dans le cadre de la prĂ©vention de la lutte contre le terrorisme, pour Ă©viter un passage Ă lâacte imminent et avec une durĂ©e dâintervention limitĂ©e Ă 48 heures, a prĂ©cisĂ© la Chancellerie Ă lâAFP en insistant sur le caractĂšre exceptionnel de cette procĂ©dure.
Le nombre des outils autorisĂ©s sera plus important dans les dossiers de lutte contre le terrorisme ou de criminalitĂ© organisĂ©e que pour la prĂ©vention des Ă©vasions, a-t-on prĂ©cisĂ© de mĂȘme source.
Insécurité pour les personnels ?
Seuls certains services seront habilitĂ©s Ă utiliser ces techniques. Il sâagit des agents du bureau central, des cellules interrĂ©gionales et des dĂ©lĂ©gations locales du renseignement pĂ©nitentiaire, prĂ©cise lâun des dĂ©crets. Un rĂ©seau qui aujourdâhui reprĂ©sente entre 300 et 400 personnes mĂȘme si toutes ne seront pas habilitĂ©es Ă terme Ă utiliser lâensemble des nouveaux outils.
« La mise ne oeuvre de ces nouvelles pratiques ne peut que rompre le lien de confiance avec les personnes prises en charge », a dénoncé dans un communiqué la CGT insertion et probation pour qui les personnels « vont se retrouver dans une insécurité professionnelle qui ne peut que les mettre en danger à terme ».
Ouest-France