400 enquêteurs supplémentaires portent à 600 les effectifs contre les violences sexuelles visant des mineurs à Paris
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400 enquêteurs ont déjà été redéployés depuis le 1er juillet à Paris et dans les trois départements de petite couronne. Le préfet de police Patrice Faure a indiqué à l’AFP, dans un entretien publié le 4 septembre et repris notamment par La Croix et Ouest-France, que les effectifs mobilisés sur les affaires de violences sexuelles visant des mineurs sont ainsi passés de 200 à 600. Il ne s’agit pas de recrutements, mais d’agents existants retirés d’autres services, notamment des commissariats.
Cette concentration de moyens vise un objectif opérationnel précis : faire aboutir davantage d’enquêtes et réduire le stock de procédures. Le préfet décrit une allocation inhabituelle de la ressource, avec 20 % de l’enquête consacrés à 2 % de la délinquance enregistrée dans le périmètre parisien et de petite couronne. L’effort est donc ciblé, temporaire dans sa logique, et distinct d’une montée en puissance nationale encore conditionnée au budget.
Un redéploiement déclenché après la revue demandée par Laurent Nuñez
Patrice Faure relie explicitement l’ajout de 400 enquêteurs à la demande de Laurent Nuñez de dresser un inventaire complet des procédures. La mort de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers en juin 2026 a conduit le ministre de l’Intérieur à exiger cette revue dans la police et la gendarmerie. Le principal suspect de cette affaire était déjà visé par une plainte et bénéficie de la présomption d’innocence. Le sujet francilien n’est pas le détail judiciaire de ce dossier, mais la conséquence opérationnelle : une réaffectation massive d’enquêteurs déjà en poste.
Le préfet attribue aussi la hausse des nouvelles procédures à une libération de la parole après cette affaire et au scandale du périscolaire parisien. Cette lecture reste la sienne. Aucun volume de plaintes, d’interpellations ou d’affaires classées n’est chiffré dans son entretien.
Un stock à faire baisser, puis un retour vers le droit commun
Patrice Faure estime que le stock de procédures aura « très sensiblement diminué » dans six mois. Il s’agit d’une projection, pas d’un résultat déjà mesuré. Au fil de cette résorption, les enquêteurs venus en renfort doivent, selon lui, retourner vers leurs domaines d’action de droit commun. Le dispositif actuel n’est donc pas présenté comme un plafond définitif de 600 spécialistes, mais comme un effort de rattrapage.
Cette distinction compte. Un autre débat, national, porte sur un recrutement futur d’enquêteurs dans l’ensemble de la filière investigation, éventuellement autour de 700 postes et conditionné au budget 2027. L’annonce du 4 septembre est d’une autre nature : 400 agents déjà en fonction ont été déplacés depuis le 1er juillet, uniquement sur les violences sexuelles visant des mineurs, uniquement à Paris et en petite couronne.
Pour les services concernés, le coût immédiat est ailleurs. Chaque enquêteur redéployé quitte un commissariat ou une unité de droit commun. Le préfet assume ce choix au nom d’une priorité ciblée. Reste à vérifier, dans les mois qui viennent, si le stock recule vraiment et si le retour des renforts vers leurs missions d’origine se produit sans recréer d’autres files d’attente.
Sources
https://www.ouest-france.fr/societe/police/violences-sexuelles-a-paris-le-nombre-denqueteurs-a-triple-apres-laffaire-lyhanna-annonce-le-prefet-de-police-6137dc42-a87f-11f1-a618-771a80631f2f
https://www.la-croix.com/societe/a-paris-le-nombre-d-enqueteurs-dedies-aux-violences-sexuelles-sur-mineurs-a-triple-apres-laffaire-lyhanna-20260904