Jusqu’à 1 800 hectares ont brûlé cet été et les gendarmes traquent désormais l’origine des incendies dans l’Indre
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Entre 1 700 et 1 800 hectares ont brûlé cet été dans l’Indre, selon le service départemental d’incendie et de secours cité par ICI Berry. Pompiers et gendarmes ont été fortement sollicités. Une fois les flammes éteintes, la gendarmerie s’attache aux feux dont l’origine n’est pas connue, pour en déterminer la cause et, si possible, en identifier les auteurs. Le 31 août 2026, ICI Berry a décrit cette méthode à partir du travail des enquêteurs du département, sans attribuer tel ou tel sinistre à une intention criminelle.
Le feu de Saint-Michel-en-Brenne, au début de juillet, a à lui seul ravagé près de 600 hectares. Plus récemment, celui d’Azay-le-Ferron a détruit plus de 83 hectares de forêt. Ces deux épisodes illustrent l’ampleur de la saison. Ils n’indiquent pas, à ce stade, une origine établie. C’est précisément ce vide factuel que les gendarmes s’emploient à combler.
Lire le feu pour retrouver la zone de départ
La première étape consiste à « lire le feu » afin de localiser sa zone de départ. Les enquêteurs examinent la végétation restante et les stigmates laissés par le passage des flammes. Ces marques renseignent sur le sens de déplacement. Jérôme Tortrat, technicien en identification criminelle chez les gendarmes de l’Indre, interrogé par ICI Berry, résume cette lecture matérielle : « les traces du passage du feu vont nous donner des indications sur son sens de déplacement ».
Ces observations sont croisées avec les données météorologiques, en particulier la direction du vent, qui oriente la progression du front. L’objectif n’est pas de raconter le sinistre, mais de resserrer le terrain utile. Tant que cette zone n’est pas délimitée, les analyses plus poussées n’ont pas de point d’ancrage.
Au niveau national, la Gendarmerie présente les enquêtes sur les feux de forêt comme un travail pluridisciplinaire. Un résumé officiel consacré aux incendies de l’Aude en 2025 évoque ainsi la délimitation de la zone de départ et des prélèvements réalisés par des techniciens en identification criminelle, en lien avec des experts pompiers et forestiers. Ce cadre général explique pourquoi la localisation précède le laboratoire. Il ne permet pas d’affirmer que tous ces moyens sont aujourd’hui mobilisés de la même façon dans l’Indre.
Prélèvements en laboratoire, sans présumer d’un auteur
Des prélèvements peuvent ensuite être effectués et envoyés en laboratoire, par exemple pour rechercher la présence d’hydrocarbures. Cette recherche n’est qu’une piste d’analyse. Elle ne constitue pas, à elle seule, la preuve d’un incendie volontaire. Aucun suspect n’est mentionné. Aucune interpellation, qualification pénale ou conclusion judiciaire n’est établie sur les feux de Saint-Michel-en-Brenne ou d’Azay-le-Ferron.
ICI Berry évoque de probables évolutions inspirées de méthodes déjà pratiquées dans le sud de la France, sans les détailler. Ces pistes restent donc hors du champ vérifiable. Le constat départemental, lui, est clair : une saison exceptionnellement active, des surfaces importantes parties en fumée, et une enquête technique qui commence par le terrain brûlé avant d’aller, le cas échéant, jusqu’au laboratoire.
Sources
https://www.ici.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-berry/comment-les-gendarmes-de-l-indre-enquetent-ils-sur-les-incendies-7640519
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/unpj/nos-publications2/l-expertise-decodee2/analyse-chimique/enqueter-sur-les-feux-de-foret-un-travail-de-collaboration
https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/unpj/actualites/incendies-dans-l-aude-l-institut-de-recherche-criminelle-enquete