Plus de 70 prisons françaises équipées de brouilleurs de drones pour freiner les livraisons illicites
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Un peu plus de 70 établissements pénitentiaires français sont désormais équipés de dispositifs de brouillage destinés à contrer les drones. Justine Gerbaud, directrice des services pénitentiaires et porte-parole de l’administration pénitentiaire, le confirme dans un entretien publié par Midi Libre le 28 août 2026. L’objectif affiché est de détecter et de neutraliser ces appareils, puis de faciliter l’interpellation des télépilotes avec la police et la gendarmerie.
Le chiffre national donne la mesure du déploiement. Il ne signifie pas que les prisons sont devenues étanches. Il décrit un filet technologique déjà étendu, combiné à des protections physiques et au travail quotidien des agents.
Quatre systèmes déjà actifs en Occitanie, un cinquième en attente
En Occitanie, quatre dispositifs sont opérationnels à Béziers, Perpignan, Lannemezan et Toulouse-Seysses. Un cinquième a été installé à Villeneuve-lès-Maguelone et doit encore être mis en service. Aucune date d’activation n’a été communiquée.
Selon la porte-parole, ces systèmes servent à la fois à détecter et à neutraliser les drones. Ils alimentent aussi la coopération avec les forces de sécurité intérieure lorsqu’il s’agit d’identifier et d’interpeller les télépilotes. L’administration insiste sur ce volet judiciaire : le matériel ne remplace pas l’enquête, il la déclenche plus tôt.
Les auteurs s’adaptent. Midi Libre relaie notamment le recours à des fils pour descendre des colis alors que le drone reste à distance du périmètre protégé. Justine Gerbaud résume cette adaptation permanente par une formule courte : une « course incessante ».
Ce phénomène n’est pas abstrait. Le 26 août 2026, ActuFDO a relaté une affaire distincte au centre pénitentiaire de Caen-Ifs, où deux livraisons par drone ont abouti à la saisie de cinq téléphones, d’accessoires et de 50 grammes de cannabis. Ce cas normand n’est lié ni à l’entretien ni au déploiement occitan. Il illustre toutefois la pression opérationnelle à laquelle répondent les équipements.
Le plan étanchéité relie la technique, les grilles et les agents
Un plan national « étanchéité » a été lancé fin 2025, avec des établissements prioritaires, dont Toulouse. Les brouilleurs n’en sont qu’une couche. L’administration cite aussi les couvertures de cours de promenade, les portiques à ondes millimétriques et le renforcement des protections aux fenêtres.
Ces moyens techniques complètent les fouilles, la surveillance, les contrôles des agents et la coopération avec policiers et gendarmes. Distinguer ces trois leviers est essentiel : un filet électronique, des barrières physiques, et des personnels en nombre et en formation.
Justine Gerbaud indique que 2 000 surveillants sont recrutés par an. Mille postes supplémentaires ont été consentis cette année par le garde des Sceaux. Une nouvelle école permettrait d’accroître la formation. Ces recrutements concernent l’ensemble du service, pas uniquement la lutte antidrones.
Le signal du 28 août 2026 n’est donc pas un inventaire de matériels isolés. C’est un bilan officiel, national et régional, d’une stratégie déjà engagée : plus de 70 sites équipés, un maillage concret en Occitanie, et un rappel que la technologie ne tient que si les agents, les fouilles et les partenaires extérieurs restent dans la boucle.
Sources
https://www.midilibre.fr/2026/08/28/les-delinquants-cherchent-la-faille-cest-une-course-incessante-comment-letat-lutte-contre-les-livraisons-de-drone-dans-les-prisons-13525076.php
https://actuforcesdelordre.fr/2026/08/26/saisie-drones-prison-caen-ifs/