La gendarmerie de Guadeloupe devient la première unité de France équipée d’un drone DT46 pour surveiller 650 km de côtes
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La gendarmerie de Guadeloupe est désormais la première formation de France à disposer d’un drone DT46. Présenté à la presse le 25 août au stade Eugène-Henri Vandal de Trois-Rivières, sur invitation de la préfecture, l’appareil français doit passer dans les prochains jours à des vols de travail. Son rôle n’est pas de filmer un événement local : il vise à combler un vide capacitaire au large, en détectant plus tôt des embarcations suspectes avant qu’elles n’atteignent l’archipel.
Conçu par l’entreprise Delair, le DT46 combine un décollage vertical et un vol de type avion. Selon l’environnement et la mission, une configuration par catapulte reste possible. La portée annoncée atteint 80 kilomètres, avec une autonomie supérieure à cinq heures, de jour comme de nuit grâce notamment à une caméra infrarouge. Quatre opérateurs, déjà pilotes d’aéronautique, forment la cellule dédiée.
Un maillon d’anticipation au large plutôt qu’un simple œil dans le ciel
L’enjeu tient à la géographie. La Guadeloupe compte environ 650 kilomètres de côtes à surveiller, Saintes, Marie-Galante et La Désirade comprises. Les approches maritimes restent un angle mort pour des moyens exclusivement terrestres ou nautiques : un trafic de drogue, d’armes ou d’êtres humains peut se préparer loin du rivage. Le DT46 doit rechercher ces embarcations au large, les suivre et orienter ensuite les unités nautiques ou terrestres vers un lieu de dépose ou d’interception.
Pierre-Olivier Benech, commandant en second de la gendarmerie de Guadeloupe, résume la doctrine par une formule rapportée par RCI : « aller chercher au loin le renseignement ». Le préfet Thierry Devimeux, cité par Guadeloupe La 1ère, justifie l’investissement par le besoin de « technologie de pointe ». Le coût annoncé tourne autour de 800 000 euros.
Cette chaîne reste volontairement sobre : détection, suivi, guidage des moyens déjà présents. Aucun résultat opérationnel n’est encore public. Les premiers vols de travail n’ont pas commencé au moment de la présentation. Il ne faut pas confondre cet aéronef avec le drone caméra autorisé ponctuellement le 22 août dans le Nord-Grande-Terre : il s’agit d’un autre dispositif, d’une autre mission.
Un outil gendarmerie, pas un bilan militaire déjà chiffré
RCI, dans un article du 26 août, confirme la première nationale, la portée, l’autonomie et la logique d’anticipation. La même rédaction rappelle que les Forces armées aux Antilles ont intercepté 35,7 tonnes de stupéfiants en mer en 2025. Ce chiffre appartient aux FAA, pas à la gendarmerie, et ne dit rien de l’efficacité future du DT46.
L’intérêt éditorial est ailleurs. En devenant la première unité nationale à recevoir ce modèle, la gendarmerie de Guadeloupe teste un saut capacitaire : un capteur persistant, français, capable de relier le large aux équipes d’intervention sans attendre qu’une embarcation soit déjà collée à la côte. Reste à voir, dans les jours qui viennent, si les vols de travail confirment cette promesse sur un littoral aussi morcelé.
Sources
https://la1ere.franceinfo.fr/guadeloupe/trafics-un-drone-dt46-et-une-unite-specialisee-de-gendarmerie-devolus-a-la-surveillance-des-cotes-de-l-archipel-guadeloupeen-1732676.html
https://rci.fm/guadeloupe/infos/Caraibes/La-Guadeloupe-se-dote-dun-equipement-de-pointe-pour-lutter-contre-la-delinquance