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Trente-huit affaires de corruption liées au crime recensées, la gendarmerie renforce son dispositif de lutte

·Damien ⏱ 3 min
Trente-huit affaires de corruption liées au crime recensées, la gendarmerie renforce son dispositif de lutte Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir

Le rapport annuel 2025 de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale, synthétisé par L’Essor, recense 38 affaires de corruption en lien avec la criminalité, contre 22 dossiers de même nature au total en 2024. Onze saisines ont été confiées au Bureau des enquêtes judiciaires de l’IGGN et 27 autres procédures ont été traitées par le reste de la gendarmerie. Quatre détentions provisoires de militaires sont mentionnées. Ces chiffres agrègent des enquêtes et des suspicions : ils ne désignent ni 38 coupables ni 38 condamnations. Le rapport décrit une tendance qui « poursuit son accélération » et « un voile qui continue de se lever » sur un phénomène encore largement occulte, ce qui peut aussi refléter une meilleure détection.

Huit enquêteurs spécialisés face à des dossiers plus denses

À l’été 2025, l’IGGN a constitué un groupe anti-corruption de huit enquêteurs. Le contentieux, selon le rapport, exige davantage de réactivité et un recours accru aux techniques spéciales d’enquête. Le BEJ a travaillé sur 154 enquêtes judiciaires en 2025, contre 175 en 2024. La baisse numérique s’explique, toujours selon le document officiel, par des dossiers plus denses et plus complexes. La corruption impose des arbitrages de priorités susceptibles de retarder d’autres affaires sensibles.

Parmi ces 154 dossiers, 59 relevaient des « autres atteintes ». Dans cet ensemble, les procédures de corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêt ou violation du secret sont passées de 32 en 2024 à 45 en 2025. Ces 45 dossiers ne se confondent pas avec les 38 affaires spécifiquement liées à la criminalité. En 2023, le BEJ n’avait traité qu’un dossier de cette dernière catégorie. En 2024, cinq saisines de même nature lui avaient été confiées, auxquelles s’ajoutaient 17 affaires traitées par une unité de recherches tierce, soit 22 au total, avec une détention provisoire mentionnée.

CITAR, contrôles de traces et alertes souvent incidentes

Selon le colonel Gérard Cligny, chef adjoint de la division des enquêtes internes, les suspicions sont majoritairement détectées incidemment, au cours d’une enquête judiciaire ou administrative. Plus rarement, l’alerte vient de la hiérarchie ou d’autres militaires. La détection repose aussi de plus en plus sur des contrôles d’initiative des commandants territoriaux via le système CITAR — Contrôle interne des traces des applications et du réseau — et sur une détection algorithmique du BAPGD de l’IGGN.

CITAR permet d’extraire les traces de connexion à plusieurs fichiers métiers centraux, notamment le FPR, le FOVeS, le TAJ et le SVH. Ces contrôles visent à identifier des consultations ou des usages anormaux, sans préjuger à eux seuls d’une infraction. Le rapport en fait un levier de prévention autant que d’investigation interne.

Typologie des compromissions et plan en trois axes

Le colonel Cligny indique que les jeunes gendarmes sont surreprésentés parmi les mis en cause, tout en précisant que tous les grades et toutes les fonctions peuvent être concernés. Il décrit des liens de proximité affective, familiale ou amicale avec des délinquants, souvent associés à un intérêt financier. Le rapport dresse une typologie générale des compromissions préoccupantes : consultations ou modifications illicites de fichiers, parfois en grand nombre, et participation active à un groupe criminel par le partage d’informations sensibles, l’orientation d’investigations, une aide logistique ou une alerte sur une enquête. Cette grille ne décrit pas les faits établis dans chacun des 38 dossiers.

L’IGGN prépare un plan de lutte contre la corruption et l’improbité autour de trois axes : mieux prévenir, mieux détecter et mieux remédier. Pour une force dont l’efficacité repose sur l’accès à des fichiers et sur la confiance des partenaires judiciaires, le bilan 2025 place l’intégrité au même rang qu’une contrainte opérationnelle, sans généraliser le phénomène à l’ensemble des militaires.

Sources

https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/gendinfo/content/download/60289/file/2026-205-Rapport-IGGN-2025-web.pdf?inLanguage=fre-FR&version=4

https://lessor.org/societe/gendarmerie-la-corruption-en-lien-avec-la-criminalite-explose-en-2025/

Damien

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