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Une procédure disciplinaire vise des soldats français posant avec un drapeau associé au suprémacisme blanc

·Damien ⏱ 4 min
Une procédure disciplinaire vise des soldats français posant avec un drapeau associé au suprémacisme blanc Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenir

Le ministère des Armées a confirmé l’ouverture d’une procédure disciplinaire après la diffusion de deux photographies montrant des soldats français autour d’un drapeau de Rhodésie, symbole aujourd’hui associé au suprémacisme blanc. L’affaire, révélée par Mediapart puis recoupée par BFM, porte moins sur une sanction déjà prononcée que sur une réponse institutionnelle : l’institution militaire affirme engager une procédure à l’encontre de membres des deux groupes photographiés et n’exclut pas des mesures sévères. Les sources accessibles ne nomment ni les militaires, ni leurs unités, ni les lieux exacts.

Deux clichés, un même drapeau, des faits encore très partiels

Mediapart indique avoir consulté deux photographies partagées sur les réseaux sociaux. Elles montrent deux groupes de soldats français autour d’un même drapeau blanc et vert, identifié comme celui de la Rhodésie. Selon le début d’enquête accessible, les deux groupes se trouvaient à près de 5 000 kilomètres l’un de l’autre. Rien, dans les éléments publiés, ne permet d’en déduire les théâtres, les bases ou les missions concernées. Aucune date de prise de vue n’est non plus établie publiquement.

BFM ajoute que les images ont circulé via un compte Instagram consacré à la Rhodésie, présenté sur ce compte comme « un paradis ». Cette diffusion ne dit rien, à elle seule, de l’intention individuelle de chaque personne photographiée. Les militaires apparaissent autour d’un symbole que Mediapart et BFM relient à des usages contemporains dans des milieux suprémacistes blancs. Attribuer automatiquement une idéologie à chacun des soldats irait au-delà de ce que les sources permettent d’affirmer.

La Rhodésie, ancienne colonie britannique d’Afrique, s’est autoproclamée indépendante en 1965 afin de maintenir la minorité blanche au pouvoir. L’entité a disparu il y a plus de quarante-cinq ans et le territoire est devenu le Zimbabwe en 1980. Ce rappel n’a d’intérêt ici que pour éclairer la charge actuelle du drapeau : ce n’est plus l’emblème d’un État existant, mais une référence reprise, selon les médias qui ont traité l’affaire, dans des cercles extrémistes.

Le ministère promet une ligne « sans ambiguïté » sans sanction déjà prononcée

Interrogé par Mediapart, le ministère des Armées a indiqué qu’une procédure pouvant aboutir « à des sanctions disciplinaires sévères » est engagée à l’encontre de membres des deux groupes. Il affirme que sa position est « sans ambiguïté » et que les armées françaises ne tolèrent « aucune manifestation à caractère raciste, suprémaciste ou extrémiste ». Ces formules, courtes et attribuées via Mediapart, constituent le cœur politique du dossier : l’institution choisit de traiter l’affaire comme une question de discipline interne et de lisibilité publique.

Une procédure disciplinaire militaire n’équivaut pas à une condamnation pénale. Les sources consultées ne mentionnent aucun volet judiciaire, aucune infraction caractérisée et aucun état d’avancement détaillé au-delà de l’ouverture de la procédure. Il serait donc inexact d’écrire que des sanctions ont déjà été infligées, ou que les personnes concernées ont commis un délit. Le ministère annonce un processus en cours, pas un verdict.

Ce cadre laisse pourtant une marge réelle. Le droit disciplinaire des armées peut, selon les cas et les faits retenus, aller jusqu’à des mesures lourdes pour la carrière. Sans grades, unités ni calendrier précis, il est impossible de préjuger de l’issue. L’intérêt immédiat du signal reste institutionnel : face à des images de militaires autour d’un symbole aujourd’hui lu comme extrémiste, l’état-major politique des Armées choisit d’afficher une tolérance zéro plutôt que de minimiser une pose présentée comme anecdotique.

Pour un média qui suit les forces de l’ordre et les armées, le sujet vaut moins par le détail folklorique du drapeau que par la tension qu’il révèle. Des soldats de la République apparaissent associés, même passivement sur une photo, à une référence raciale d’un régime disparu. L’institution répond par la discipline, sans livrer encore les faits internes qui permettront de savoir s’il s’agissait d’une ignorance, d’une provocation ou d’un usage plus organisé du symbole. Tant que noms, lieux et conclusions restent inconnus, la seule donnée solide est celle-ci : une procédure est ouverte, et le ministère dit pouvoir aller loin.

Sources

https://www.mediapart.fr/journal/france/230826/des-soldats-francais-prennent-la-pose-autour-d-un-drapeau-associe-au-supremacisme-blanc

https://www.bfmtv.com/police-justice/des-soldats-francais-vises-par-une-procedure-pour-avoir-pose-avec-un-drapeau-associe-au-supremacisme-blanc_AN-202608240364.html

Damien

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