Bruno Retailleau veut élargir les pouvoirs des policiers municipaux

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a annoncé ce mardi à Sartrouville (Yvelines) une série de mesures pour renforcer les pouvoirs des policiers municipaux.
Ces dispositions figurent dans un projet de loi issu du « Beauvau des polices municipales », lancé en avril 2024 après les émeutes consécutives à la mort de Nahel, mortellement neutralisé par un policier en juin 2023 dans les Hauts-de-Seine. Le texte, élaboré avec François-Noël Buffet, ministre délégué à l’Intérieur, sera soumis au Parlement « dans les prochaines semaines ou les prochains mois », selon M. Retailleau.
Des pouvoirs judiciaires renforcés
Le projet prévoit que les policiers municipaux puissent désormais constater neuf délits : vente à la sauvette, vol inférieur à 300 euros, conduite malgré invalidation du permis, occupation illicite de halls d’immeubles, vente d’alcool aux mineurs, entrave à la circulation, usage de stupéfiants, inscriptions ou graffitis ayant causé un dommage léger et outrage sexiste.
Les agents seront aussi autorisés à accéder aux images de vidéo-protection, effectuer des vérifications d’alcoolémie, procéder à des mises en fourrière ou encore détruire certains objets. Ils pourront relever l’identité des personnes lors de constatations de délits, sans pour autant accéder aux fichiers judiciaires ou actes d’enquête.
L’équipement technologique évoluera également, avec la possibilité d’utiliser des drones et des lecteurs automatisés de plaques d’immatriculation.
Un renfort attendu sur le terrain
Aujourd’hui, 28 000 policiers municipaux sont répartis dans 4 500 communes. Le ministère de l’Intérieur prévoit le recrutement de 10 000 à 11 000 agents supplémentaires d’ici à 2030. Environ 80 % des agents sont armés, dont 58 % disposent d’armes à feu, une dotation qui reste à l’appréciation des maires.
« La police municipale, c’est les incivilités, c’est la tranquillité du quotidien ; la gendarmerie et la police nationale, c’est la lutte contre la criminalité, la délinquance et le maintien de l’ordre », a rappelé Bruno Retailleau.
La question de la sécurité devrait s’imposer comme un thème central lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2026. Le calendrier parlementaire pourrait toutefois être perturbé par le vote de confiance demandé par le Premier ministre François Bayrou le 8 septembre.

