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Mort de Zyed Bensaïd à Nice : Un policier renvoyé devant la cour criminelle malgré l’avis du parquet

·La rédaction⏱ 3 min
Mort de Zyed Bensaïd à Nice : Un policier renvoyé devant la cour criminelle malgré l’avis du parquet

Les juges d’instruction ont décidé, le 1er août dernier, de renvoyer un policier devant la cour criminelle des Alpes-Maritimes pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », après le tir mortel sur Zyed Bensaïd en septembre 2022. Une décision qui va à l’encontre de l’analyse du parquet, lequel avait requis un non-lieu.

Une course-poursuite fatale

Le 7 septembre 2022, en fin d’après-midi, l’avenue Henri-Matisse, à Nice (Alpes-Maritimes), est le théâtre d’une intervention dramatique. Un 4×4 volé, conduit par Zyed Bensaïd, 24 ans, de nationalité tunisienne, refuse d’obtempérer. Après avoir failli percuter un véhicule de police banalisé sur la voie Mathis, le conducteur prend la fuite.

Deux policiers tentent de l’intercepter. Alors que le SUV percute leur voiture de service à environ 35 km/h, le fonctionnaire Michel G., élève policier adjoint âgé de 23 ans, sort son arme. Sur une vidéo amateur, on l’entend ordonner : « Sors du véhicule, sors, sors ! » avant qu’un coup de feu ne retentisse au moment où le véhicule avance à nouveau. Zyed Bensaïd est tué sur le coup, atteint d’une balle au cœur et aux poumons relate France 3.

Trois ans d’enquête et une décision controversée

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) est saisie dès les premières heures. Pendant trois ans, les juges d’instruction examinent la légalité du tir. En mai 2024, le parquet de Nice avait estimé que le policier avait agi dans un cadre légal et avait requis un non-lieu.

Les magistrats ont toutefois conclu que le tir ne respectait pas les critères de stricte nécessité et de proportionnalité. Pour eux, le policier a visé le conducteur et non le véhicule, rendant l’usage de son arme non justifié dans ces conditions.

Témoignages et attentes

Pour Maître Sefen Guez Guez, avocat des parties civiles, « le policier n’était absolument pas en danger ». Selon lui, les images amateurs ont été déterminantes pour démontrer que le jeune homme a été victime « d’un homicide policier ».

La mère de Zyed, toujours suivie médicalement, espère que le futur procès apportera des réponses : « C’est un soulagement qu’il y ait un procès. Je pense que le policier avait d’autres alternatives. Il n’a pas seulement tué Zyed, il m’a tuée aussi. »

Le soutien aux forces de l’ordre

À l’inverse, Bruno Bartocetti, secrétaire général du syndicat Un1té police, défend l’action du jeune policier : « On ne demande pas un permis de tuer, mais une continuité d’action. Le conducteur mettait en danger d’autres personnes. »

L’avocat du policier, Me Laurent-Franck Liénard, spécialisé dans la défense des forces de l’ordre, a fait appel de la décision de renvoi. L’affaire est désormais entre les mains de la chambre de l’instruction d’Aix-en-Provence, qui devra statuer sur la tenue du procès.

La rédaction

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