État « alarmant » de certaines casernes : Les gendarmes ne méritent pas de vivre dans ces taudis…

Depuis plusieurs années, l’état de certaines casernes de gendarmerie suscite l’inquiétude des militaires. Moisissures au plafond, traces d’humidité sur les murs, fuites dans les toilettes… En 2025, 300 millions d’euros ont pourtant été alloués pour résoudre le problème.
Pour intervenir rapidement, les gendarmes vivent sur place. Mais dans certaines casernes, la situation est devenue intenable. « Vous avez des problèmes de fuite, de non-évacuation des toilettes, parce que la conception des toilettes a tellement été mal faite que l’intégralité de ce qui passe dans les toilettes remonte dans les appartements, donc c’est invivable. On a aussi une charge énergétique énorme du fait des problèmes d’isolation », raconte un gendarme en poste depuis 25 ans chez France Info. « Quand vous chauffez un appartement à 28 degrés et qu’au final la température obtenue est de 17 degrés, c’est que vous avez quand même un gros problème de passoire thermique », ajoute-t-il.
Des centaines de témoignages sont publiés sur des groupes Facebook, animés notamment par Ladie Fox, qui met en relation les militaires et les médias. Les gendarmes dénoncent une réponse insuffisante de leur hiérarchie. « Dans 98 % des cas, la réponse c’est : “Il n’y a pas d’argent”, “taisez-vous” », déplore le gendarme interrogé. « On n’est pas traités de la même manière que les civils, ce qui est normal, parce qu’on est militaires. Mais justement, l’effort doit être fait pour pouvoir nous conserver dans les rangs dans de bonnes conditions. »
Depuis 2016, l’association professionnelle nationale de militaires GendXXI a reçu des centaines de plaintes sur la qualité des logements. « On est dans quelque chose qui devient alarmant, parce que vous avez cette dette grise qui s’est accumulée, c’est-à-dire le déficit d’investissement nécessaire pour le maintien en état du parc immobilier », explique David Ramos, président de l’association. « Ce déficit a généré des situations de logement qui sont dans un état, au mieux, indécent, au pire, insalubre. On ne parle pas vraiment de transformer des cabanons en palaces, juste de remettre en état à un niveau de confort acceptable les logements les plus endommagés. »
Un rapport du Sénat avait déjà pointé le problème en 2024. Depuis, les gendarmes ont le sentiment que la situation ne s’améliore pas assez vite. La sous-direction de l’immobilier et du logement de la gendarmerie indique que certaines casernes sont en cours de réhabilitation. En 2025, 300 millions d’euros ont été alloués pour pallier ces problèmes, et la gendarmerie espère obtenir 400 millions d’euros par an pour construire de nouveaux bâtiments et 100 millions d’euros supplémentaires pour entretenir le parc existant.

