Mort du gendarme Éric Comyn : La thèse de l’accident ne tient pas… pour sa veuve « On a donné le permis de tuer à cet homme »

Un an après la mort de son mari, percuté lors d’un contrôle routier à Mougins (Alpes-Maritimes), Harmonie Comyn ne décolère pas. La veuve du gendarme Éric Comyn, tué le 26 août 2024 par un chauffard multirécidiviste de nationalité cap-verdienne, dénonce une nouvelle fois la « défaillance » de la justice française.
« Je l’affirme haut et fort, la France a tué mon mari », martèle-t-elle dans un entretien accordé à Le Point. Déjà, trois jours après le drame, elle avait dénoncé l’impuissance des législateurs face à la récidive. Aujourd’hui encore, sa colère reste intacte : « La justice a été le fossoyeur de mon époux et de notre famille. Les gars, ils tuent ouvertement, et puis ce n’est pas grave. Quatre ou cinq ans, et on ressort. »
« Un permis de tuer »
Le conducteur mis en cause, âgé de 39 ans au moment des faits, avait déjà été condamné à plus de dix reprises, notamment pour conduite en état d’ivresse, sous stupéfiants et sans permis. Le soir du drame, il affichait un taux d’alcoolémie de 2,65 g/l de sang. Pour Harmonie Comyn, il s’agit d’un symbole d’une justice trop clémente. « L’État français est défaillant. On a donné le permis de tuer à cet homme », accuse-t-elle.
La veuve du militaire réclame des peines plus lourdes et n’hésite pas à évoquer le rétablissement du « bagne », voire de la peine de mort pour les multirécidivistes. « Ils n’ont pas le droit de vie, parce qu’ils se sont permis d’enlever des vies », tranche-t-elle.
Un accident contesté
Le chauffard, aujourd’hui détenu pour meurtre, conteste les accusations et soutient qu’il n’a pas vu le contrôle routier. Comme le relate Europe1, une version balayée par les experts et les témoins. Selon l’avocate de la famille, Me Pauline Ragot, « ce n’est pas un accident ni un simple refus d’obtempérer. C’est un acte criminel. Il a vu le gendarme et il a décidé de le percuter de plein fouet. Il a tué et il a fui. »
Les expertises, y compris une modélisation en 3D de la scène, confirment la visibilité des gendarmes sur cette route à trois voies. Lampes allumées, gilets fluorescents et cônes de sécurité ne laissaient aucune ambiguïté. Aucune trace de freinage n’a été relevée, mais au contraire une accélération « pied au plancher ».
Une demande de requalification
Convaincue que l’homme a volontairement foncé sur son mari, Harmonie Comyn réclame la requalification en homicide volontaire. « Tous les témoignages concordent, tout était matérialisé. Ma conviction, c’est qu’il voulait bouffer du flic », déclare-t-elle.
En attendant la suite de l’instruction, cette mère de deux enfants continue de porter publiquement la voix de son mari disparu, entre douleur et révolte.

