Accident le soir de la Ligue des champions à Grenoble : Le chauffard condamné à 12 mois de prison avec sursis

« Je m’excuse auprès des victimes. C’est un grand drame. J’ai fait une erreur, je l’assume. » Ce lundi 25 août, devant le tribunal correctionnel de Grenoble (Isère), Adam, 19 ans, reconnaît sa responsabilité dans l’accident qui a marqué la ville au soir de la victoire du PSG en Ligue des champions. Mais son récit tranche nettement avec celui des témoins.
Le 31 mai dernier, le cours Jean-Jaurès, l’une des principales artères de Grenoble, est envahi par des centaines de personnes venues fêter la victoire du club parisien. L’ambiance est électrique : feux d’artifice sauvages, casseurs et dégradations. Vers 23h40, une BMW noire s’engage brutalement sur la voie de tramway recouverte de gazon. Le véhicule percute de plein fouet une mère de famille, ses deux fils jumeaux de 17 ans et sa nièce. Le choc est d’une extrême violence : fractures pour les deux femmes, pronostic vital engagé pour l’un des adolescents.
Comme le relate Le Parisien, le conducteur, dont la voiture est totalement détruite, s’extrait par la fenêtre avant de quitter précipitamment les lieux. « Je n’ai jamais voulu fuir », assure-t-il à l’audience. « Un passant m’a simplement dit que je risquais d’être lynché si je restais. »
Deux versions qui s’opposent
Pour les témoins, la scène ressemble à une démonstration de drift : accélérations soudaines, demi-tour au frein à main, moteur hurlant. Mais le jeune automobiliste, salarié dans une entreprise de dépannage, défend une version très différente. « J’ai paniqué, raconte-t-il. Des casseurs tiraient des mortiers sur les voitures. J’ai voulu m’échapper par la voie du tram. Sur l’herbe, ma voiture est partie dans tous les sens. Je ne contrôlais plus rien. »
Le rapport d’expertise relève pourtant des pneus usés par une pratique régulière du drift. La vitesse est estimée entre 34 et 45 km/h au moment de l’impact. Aucun alcool ni stupéfiant n’est détecté.
Casier vierge et avenir préservé
Issu d’une famille sans histoire, titulaire d’un bac pro avec mention, Adam n’a jamais eu affaire à la justice. Son avocat insiste sur son profil de « jeune travailleur » et sur le caractère accidentel des faits. À l’inverse, Me Levy-Soussan, représentant les parties civiles, dénonce une « recherche de sensations fortes » et un comportement dangereux.
À la barre, seul le père de famille touchée s’est exprimé brièvement : « Aujourd’hui, tout le monde va bien, heureusement. Ma nièce sort de rééducation. Je comprends que ça puisse être une erreur de jeunesse. Maintenant, je veux juste que la justice fasse son travail. »
Le parquet requiert un an de prison dont huit mois fermes. Finalement, le tribunal condamne Adam à douze mois de prison avec sursis simple. Une peine clémente qui lui permettra de repasser son permis dans un mois.

