Cadavres dans la Seine : La piste d’un tueur en série se précise
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLes enquêteurs de la brigade criminelle sont désormais convaincus d’avoir arrêté un tueur en série comme la France n’en avait plus connu depuis longtemps. Quatre hommes ont été tués en seulement seize jours, avant que leurs corps ne soient découverts le 13 août dernier flottant dans la Seine, à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne).
Le suspect, un jeune Tunisien de 24 ans, avait tenté de tromper la police en se présentant comme « Ahmed Ben Ali », né en Algérie. Il se prénommerait en réalité Monji – un prénom signifiant « sauveur » en arabe. Comme le relate Le Parisien, cheveux rasés de près, barbe fine et savates aux pieds, ce sans-papiers installé depuis huit mois dans un squat au bord du fleuve dissimulerait un profil criminel hors norme.
Un tueur méthodique en seize jours
Selon la chronologie reconstituée par la police judiciaire, la première victime, Abdallah, un SDF algérien de 21 ans, disparaît le 26 juillet. Ami proche du suspect, il aurait été tué avant que sa puce téléphonique ne soit réutilisée. Cinq jours plus tard, le 31 juillet, un autre compagnon de galère, Amir, 21 ans également, se volatilise. Sa carte bancaire sera utilisée dès le lendemain.
Le 4 août, Sami, 21 ans, domicilié à Choisy-le-Roi, interrompt brutalement une conversation téléphonique avec un proche après avoir dit : « Oh pardon monsieur. » On ne le reverra jamais. Le lendemain, lors d’un banal contrôle de police au squat, le suspect est trouvé en possession de ses effets personnels et de ceux d’Abdallah. Mais il est alors remis en liberté, faute d’éléments accablants.
Le 11 août, Franz, 48 ans, domicilié à Créteil, disparaît à son tour. Contrairement aux trois autres, cet homme était inséré et ouvertement homosexuel. Des traces de son ADN ont été découvertes sur le pantalon du suspect. Son autopsie a établi une mort par strangulation.
La découverte macabre
Le 13 août, un voyageur du RER C aperçoit un cadavre dans la Seine. La brigade fluviale repêche quatre corps au total, dont certains en état avancé de décomposition. Les victimes sont identifiées : Abdallah, Amir, Sami et Franz. L’autopsie de deux d’entre eux confirme des strangulations.
Arrêté moins d’une semaine plus tard, le suspect est placé en garde à vue durant 96 heures. Mais il reste totalement mutique. Il a été présenté ce dimanche au parquet de Créteil, qui a requis son placement en détention provisoire dans le cadre d’une information judiciaire pour « meurtres en concours ». Une qualification rare qui désigne des crimes commis en série sans condamnation entre eux.
La piste de l’homophobie
Sans aveux, le mobile reste incertain. Mais les policiers privilégient celui de crimes homophobes sériels. Le suspect, adepte d’un islam rigoriste proche du salafisme, aurait pu être animé par une haine de l’homosexualité. Deux des victimes fréquentaient un lieu de drague gay au bord de la Seine, non loin du squat.
« Mon client a fait usage de son droit au silence comme la loi le lui permet », déclare Me Antoine Ory, son avocat. L’un de ses proches, lui aussi entendu, a évoqué un changement brutal de comportement ces derniers mois.
Reste une question qui hante désormais les enquêteurs : et si un cinquième corps venait à remonter un jour à la surface du fleuve ?
