Nuit de tensions au Festival de théâtre de rue d’Aurillac : Huit policiers blessés lors de violences urbaines
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirLa première nuit du Festival international de théâtre de rue d’Aurillac a viré au chaos. Dans la nuit de mercredi 20 à jeudi 21 août, de vives tensions ont éclaté dans le centre-ville après l’interpellation d’un jeune homme surpris en train de taguer une banque.
Dès la tombée de la nuit, l’ambiance devait être festive et colorée. Mais place du Square, l’intervention musclée des CRS a attiré une cinquantaine de militants et de spectateurs qui ont contesté la fermeté de l’arrestation. Comme le relate La Montagne, très vite, slogans hostiles, jets de projectiles et ripostes au gaz lacrymogène ont transformé le cœur du festival en champ d’affrontement.
Vitrines brisées et gaz lacrymogène
Des individus masqués s’en sont pris aux vitrines, aux abribus et aux caméras de surveillance, multipliant les dégradations. Selon plusieurs sources dans le quotidien régional, il s’agissait de « groupes dormants », proches de mouvances anarchistes, venus perturber l’événement. Certains festivaliers ont tenté de s’opposer à ces violences, provoquant de nouvelles tensions.
Peu après 23 h 30, une centaine de personnes s’étaient regroupées pour dénoncer l’intervention policière. Poubelles renversées, feux allumés et fumées épaisses ont envahi la place, tandis que les CRS repoussaient les plus virulents vers les rues adjacentes. « On était venus voir un spectacle de rue, on s’est retrouvés au milieu d’une bataille rangée », témoigne Élodie, 27 ans, encore choquée.
Colère des commerçants, fermeté du maire
Au petit matin, les stigmates étaient visibles : vitres fissurées, pavés noircis, barrières arrachées et tags anarchistes appelant à de nouvelles actions. Les commerçants oscillent entre résignation et exaspération. « Ça devient n’importe quoi, des abrutis cassent tout gratuitement », déplore un restaurateur du centre.
Le maire d’Aurillac, Pierre Mathonier, se dit « choqué et en colère ». « On ne peut pas laisser ces black blocs aux discours anarchistes casser notre ville et notre festival. Mais cet incident ne remet pas en cause la tenue des spectacles ni l’accueil du public », assure-t-il.
Un festival fragilisé
Créé il y a près de quarante ans, le Festival d’Aurillac est l’un des plus grands rendez-vous européens du théâtre de rue. Mais ses éditions sont régulièrement marquées par des tensions. En 2023, une manifestation avait dégénéré en attaque contre le tribunal, et en 2016 déjà, des violences urbaines avaient éclaté après un contrôle de sécurité.
Cette année, la deuxième soirée s’annonce sous haute surveillance. Reste à savoir si l’esprit festif reprendra le dessus sur les colères qui ont marqué ce début d’édition. Selon les informations du syndicat Officiers et Commissaires de Police, huit policiers ont été blessés lors de ces heurts.
Encore une fête qui se transforme en champ de bataille.
À #Aurillac huit policiers ont été blessés après l’interpellation d’un individu en train de taguer un mur.
300 individus ont jeté des pavés sur nos collègues, dressé des barricades, cassé du mobilier urbain, des vitrines…… https://t.co/49Mm8xm4ck
— Officiers et Commissaires de police (@PoliceSCSI) August 21, 2025