« J’ai eu peur d’être égorgé » : un vététiste frôle la mort après un piège tendu sur un sentier
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirHervé Matternn, vététiste amateur de 40 ans, porte encore les marques impressionnantes de son accident. Une large trace rouge et brune sur le cou, une ecchymose à la gorge… Samedi 9 août, en pleine descente dans le massif vosgien, sur les hauteurs du Kirchberg (Haut-Rhin), il percute un fil de nylon tendu en travers du chemin, à hauteur de sa gorge.
« Le choc est brutal, j’ai eu peur d’être égorgé », raconte-t-il. Sur le moment, il ne comprend pas ce qui lui arrive. « Je vois un fil bleu passer au-dessus de mes mains. Trop tard pour réagir. » Coupé dans son élan, il parvient tout de même à terminer la descente avant de prévenir les secours. La douleur s’installe rapidement : difficultés à déglutir, brûlure intense, gorge gonflée.
Le père de famille est encore sous le choc. « J’ai deux enfants, je voulais juste faire un tour à vélo. J’ai failli ne pas rentrer », souffle-t-il. De retour chez lui, la colère prend le dessus. Il décide de porter plainte.
Hervé Matternn assure qu’il n’avait jamais été confronté à ce type de piège, mais il sait qu’il n’est pas le seul. Dans la région, plusieurs vététistes affirment avoir découvert des dispositifs similaires, posés volontairement pour blesser. En 2021, Gaëtan Broda, 18 ans, avait déjà échappé de peu à la mort après avoir roulé sur une planche cloutée.
Selon le Codever (collectif de défense des loisirs verts), 61 victimes de ce type d’actes ont été recensées entre 2004 et 2021, dont dix décès. Un chiffre alarmant pour Thierry Nuninger, secrétaire du comité départemental de cyclisme du Haut-Rhin, qui met en garde : « On a déjà trouvé des pieux, des planches à clous cachées sous des feuilles ou du fil barbelé sur des sentiers. »
Pour Maxime Pouget, président de la fédération de vététistes VTTAE, ces violences restent toutefois marginales. « Les conflits d’usage entre randonneurs et vététistes n’existent pas », assure-t-il. Hervé, lui, garde un souvenir bien réel de ce samedi : « Ce fil aurait pu me tuer. »