Feu dans l’Aude : “La reconnaissance des sinistrés vaut toutes nos années d’engagement”
Ajoutez Actu FDO en favori pour nous soutenirDix jours sur le front des incendies dans le sud de la France ont marqué profondément le lieutenant Vivien Doudoux, chef du centre de secours de Montdidier.
Volontaire dès le printemps pour renforcer les moyens déployés contre les feux estivaux, il a été l’un des premiers à intervenir sur l’énorme brasier du massif des Corbières, dans l’Aude. Une mission intense, humainement et professionnellement. Il témoigne pour France Bleu.
Un départ vers l’inconnu
Le 5 août, alors qu’il venait d’opérer dans les secteurs d’Aix-en-Provence et de Nîmes, l’ordre tombe : direction l’Aude. “On voyait déjà des panaches de fumée à 80 kilomètres de distance. Une fois sur place, le feu était hyper développé, au point que la colonne de fumée cachait le soleil”, raconte-t-il.
La vitesse de propagation – 5 à 6 km/heure – laisse peu de place à l’improvisation : “On se met dans notre bulle. Il faut rester professionnels, garder la tête froide.”
Sauver l’essentiel
À la tête d’un groupe composé de pompiers picards, du Pas-de-Calais et d’Île-de-France, le lieutenant Doudoux a pour première mission de protéger un mas provençal de 500 m² et une habitation voisine. L’eau est rare, il faut la préserver. “Chez nous, les feux sont peu mobiles. Là, tout va beaucoup plus vite, il faut s’adapter.”
Après 36 heures d’intervention continue, le relais est pris par des collègues venus de l’Est. “Même si on n’a pas éteint le feu, on a limité les dégâts, sauvé des biens. Les maisons, c’est une part de vie, un lien affectif.”
Une reconnaissance qui marque
Ce qui l’a le plus touché ? La gratitude des habitants. “Les gens déposaient spontanément de la nourriture, des packs d’eau. Ils applaudissaient nos véhicules, nous remerciaient. Même sur l’autoroute, des klaxons et des signes.”
Un accueil qui, dit-il, “vaut toutes nos années d’engagement. On ne fait pas ce métier pour ça, mais ça met du baume au cœur.”
Des liens soudés par l’épreuve
De retour en Picardie, le lieutenant Doudoux garde en mémoire cette expérience “hors norme”. En quelques jours, il a soudé un groupe avec des pompiers qu’il ne connaissait pas : “On mangeait, dormait et partait au feu ensemble. Ça rapproche.”
Il insiste sur l’importance de l’engagement volontaire : “Sur les 23 pompiers de la zone Nord partis dans le sud, la grande majorité sont volontaires. Si vous voulez aider, venez frapper à la porte.”
