Une semaine de surf pour détenus violents : Polémique à la prison de Rennes-Vezin, Gérald Darmanin réagit. Qu’en pensez-vous ?

Gérald Darmanin, ministre de la Justice, annonce ce samedi l’annulation d’un projet controversé : une semaine de surf à Saint-Malo destinée à des détenus violents du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin. Cette décision intervient après une vague d’indignation déclenchée par des syndicats de personnels pénitentiaires et plusieurs responsables politiques.
L’activité, qualifiée de « surf thérapeutique », devait permettre à certains détenus relevant du service médico-psychologique régional (SMPR) de bénéficier d’un séjour en bord de mer, sous encadrement médical. Mais comme le relate jeanmarcmorandini.com, l’initiative a rapidement suscité l’incompréhension, voire la colère.
« Une semaine de surf thérapeutique dans la cité corsaire de Saint-Malo ! Ce n’est pas beau, ça ? », ironise un syndicaliste de l’établissement. Pour lui, cette proposition traduit un profond décalage avec la réalité vécue dans les établissements. « Les personnels pénitentiaires croulent sous les coups de ces “si gentils détenus inoffensifs” relevant de la psychiatrie », fustige-t-il, dénonçant un service médico-psychologique qui refuserait de prendre en charge les détenus au sein même de la prison, mais envisagerait de leur offrir un « séjour de rêve, tous frais compris ».
Cette initiative s’inscrivait dans une série d’activités déjà proposées aux détenus dans le cadre de leur suivi thérapeutique : karting, ateliers théâtre, danse country, massages… Des choix régulièrement pointés du doigt par certains syndicats.
Ce qui interroge particulièrement, c’est que la surf thérapie est traditionnellement réservée aux victimes. Le Groupe Hospitalier Loire-Atlantique, interrogé par jeanmarcmorandini.com, précise que son Centre Médico-Psychologique propose depuis septembre 2024 des soins de surf thérapie exclusivement sur prescription psychiatrique, et uniquement pour les personnes ayant subi des violences, notamment physiques et sexuelles. Une équipe spécialisée – composée d’une infirmière, de deux psychologues et d’une monitrice de surf formée aux psycho-traumas – encadre ce protocole thérapeutique.
L’Organisation Internationale de Surf Thérapie (ISTO) définit d’ailleurs cette approche comme « une méthode scientifiquement prouvée qui allie surf et activités structurées pour promouvoir le bien-être psychologique, physique et psychosocial » – une méthode développée à l’origine pour les personnes traumatisées.
Face à la polémique et à la pression politique, Gérald Darmanin a donc tranché : le projet est abandonné. Une décision qui relance le débat sur les formes de prise en charge en détention, notamment pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques.

